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Appel à Communications – Publicité et transition écologique – Séminaire ACCS

Texte de l’appel : ACCS Publicité et transition écologique.

  • Appel à communication

La critique publicitaire est née au milieu du 19ème siècle, peu de temps après l’apparition des premières annonces dans la presse (1836). Elle s’est progressivement transformée et l’on peut aujourd’hui délimiter trois périodes majeures.

D’abord une critique portant sur « l’abêtissement » publicitaire, celle-ci était essentiellement relayée par des écrivains comme Paul Valéry, René Etiemble ou Georges Duhamel et visait le langage de la publicité.

La critique a ensuite évolué pour se focaliser sur l’intrusion publicitaire. Il s’agit, en premier lieu, de dénoncer la présence jugée excessive des panneaux publicitaires dans les paysages et l’espace public puis, dans un second temps, de critiquer l’explosion du digital et des publicités numériques.

Enfin, au début des années 2010, une nouvelle critique émerge et porte essentiellement sur les aspects de transition écologique. La question principale vise le décalage apparu entre une nécessaire sobriété en matière de consommation et un modèle publicitaire dont l’objectif est de vendre toujours plus.

Depuis quelques mois, la question des rapports entre publicité et transition écologique est au cœur de l’actualité et de l’attention médiatique. Au mois de juin 2020, un collectif de vingt-cinq ONG a publié un rapport « Big Corpo » suivi d’un nouveau rapport émanant notamment de Greenpeace et réclamant une « Loi Évin pour le Climat ». Un rapport proposant une vingtaine de mesures sur les liens entre publicité et environnement a été remis au ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Tout dernièrement, la Convention citoyenne pour le Climat a recommandé l’interdiction de la publicité des produits les plus polluants et demandé l’apposition d’une mention destinée à lutter contre la surconsommation « En avez-vous vraiment besoin ? »

La publicité se retrouve dans une situation inédite et cherche à valoriser son rôle économique et social ainsi que ses initiatives. Le débat devrait se poursuivre avec le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée Nationale et la mise en place des États Généraux de la Publicité pilotés par la filière communication.

Si des sujets comme le greenwashing ont pu être abordés par les sciences de l’information et de la communication, la question des rapports entre publicité et transition écologique a été peu étudiée dans le monde académique. C’est pourquoi l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible souhaite organiser un séminaire le jeudi 19 novembre, de 17 à 19 heures.

Ce séminaire est organisé en partenariat avec la chaire de Relations Publiques et Communication Marketing de l’Université du Québec à Montréal, le Groupe d’étude et de recherche « Communication, Environnement, Science et Société » de la SFSIC, l’Earth and Life Institute et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme.

Selon l’évolution de la situation pandémique celui-ci se déroulera soit en présentiel, soit sous forme de webinaire.

  • Propositions d’axes de travail (non limitatif)
  • Les interactions entre les acteurs impliqués ;
  • Les formes de la remise en cause actuelle ;
  • L’analyse des messages publicitaires ;
  • La régulation publicitaire ;
  • La place du numérique ;
  • L’incidence écologique des supports publicitaires ;
  • L’intégration des démarches de publicité responsable dans la RSE des entreprises ;
  • Etc.
  • Modalités de soumission

Les chercheurs intéressés pour proposer une contribution (15 minutes) sont invités à nous adresser une proposition avant le lundi 14 septembre. Les propositions de communication devront être adressées simultanément aux trois contacts ci-dessous.

Format attendu : 1 000 ou 1 500 signes, en incluant la bibliographie, 5 mots clés.

Les interventions feront ensuite l’objet d’une publication sous forme d’actes du séminaire.

Contacts :      François Allard – francois.allard-huver@univ-lorraine.fr

Thierry Libaert – thierry.libaert@uclouvain.be

Bernard Motulsky – motulsky.bernard@uqam.ca

La publicité est-elle soluble dans le climat ?

Par Thierry Libaert

La critique publicitaire est presque aussi ancienne que la naissance de la publicité au milieu du 19ème siècle. Tout lui fut reproché, d’abêtir les individus, de manipuler les esprits, de polluer les paysages. Plus récemment avec la généralisation du numérique, la critique se focalisa sur son caractère intrusif. Désormais, les professionnels de la publicité doivent affronter de nouvelles attaques, leur métier irait à l’encontre des objectifs de lutte contre le dérèglement climatique.

Le déclic est apparu avec « l’affaire C-Discount » au début de l’année 2018. Parue au moment des soldes, cette publicité fit l’objet d’une plainte par l’ADEME mais le jury de déontologie de la publicité, l’une des trois instances de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) la jugea infondée. Le débat rebondit fin 2019 avec la loi anti-gaspillage et économie circulaire qui fit l’objet d’un très grand nombre d’amendements. Leurs auteurs arguaient que, si la publicité avait pour rôle de promouvoir la consommation, elle ne saurait inciter à la surconsommation. On conviendra que la frontière est étroite et fortement subjective.

La Convention Citoyenne sur le Climat qui a terminé ses travaux le 21 juin s’est prononcé de manière très radicale, notamment par l’obligation qui serait faite dans les publicités d’inclure la mention « En avez-vous vraiment besoin ? ». Il est en sorte demandé à la publicité d’inciter à l’achat de produits et, en même temps, d’en dissuader l’acquisition.

La critique est donc forte : interdiction de publicités portant sur des produits à empreinte carbone élevée, alourdissement des mentions légales, suppression de la publicité extérieure dans l’espace public et des imprimés dans les boîtes aux lettres, remplacement de l’autorité de régulation actuelle par une autorité administrative dotée d’importants pouvoirs de sanctions.

Mardi 9 juin fut publié un important rapport « Big Corpo. Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique ». Rédigé par un collectif de 25 associations dont Résistance à l’Agression Publicitaire, ce rapport énumère de manière précise toutes les critiques contre la sphère publicitaire, et l’ensemble des arguments est souvent rigoureusement documenté. Une semaine plus tard, c’est un nouveau collectif associatif mené par Greenpeace qui propose une « Loi Evin pour le Climat ».

C’est dans ce contexte que j’ai remis jeudi 11 juin un rapport à Madame Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la transition écologique et solidaire. L’objectif était de délimiter des points de progrès permettant à la publicité d’être davantage en phase avec les grands enjeux environnementaux, notamment climatiques. Ce rapport qui contient une vingtaine de propositions a été rédigé avec Géraud Guibert, Conseiller maître à la Cour des Comptes, à qui j’avais proposé de joindre à moi pour ce travail.

J’ai constaté qu’un grand nombre de publicitaires n’ont pas réellement conscience de leur responsabilité. Selon eux, la publicité n’est que le reflet de son époque et évoluera avec elle, elle n’est qu’un outil au service des annonceurs et il faudrait éviter d’en faire le bouc émissaire de tous les maux de notre système économique.

Mais, en parallèle, la plupart des grandes associations de communication comme l’Union des Marques, notamment avec le programme FAIRe, ou l’AACC avec le label RSE et les dispositifs de formation, des organisations comme Entreprises pour l’Environnement autour du projet d’Alliance pour la publicité, l’ARPP elle-même avec la nouvelle recommandation développement durable publiée le 29 avril 2020, toutes ces structures témoignent d’une prise de conscience et d’une volonté d’engagement.

Pour la suite, la balle est entre les mains des pouvoirs publics. Ceux-ci doivent étudier les recommandations de notre rapport et préparer les réponses aux propositions de la Convention citoyenne.  Il est étonnant qu’alors qu’explosent toutes les critiques sur les impacts écologiques de la publicité, la profession, pourtant porteuse d’une mission de communication, reste aussi silencieuse. Espérons qu’il puisse y avoir un réel débat et que les enjeux ne se règlent pas dans les antichambres du pouvoir à coups de démarche de lobbying. La publicité ne saurait être la seule activité à ne pas s’engager fortement envers les grands enjeux écologiques et notamment climatiques. Les professionnels seraient bien inspirés de renforcer et d’accélérer leur mutation.

Séminaire «L’argument scientifique dans les controverses» – Résumé des interventions

À peine quelques mois après notre séminaire, la pandémie est venue bouleverser notre monde si tranquille. Et nous a mis sous les yeux l’importance de la science non pas dans une controverse, mais devant l’inconnu. On a rarement autant été exposés sur toutes les plateformes à la présence et les explications de vrais scientifiques : infectiologues, médecins, spécialistes de santé publique, épidémiologistes, virologues sans compter les sciences moins dures comme les psychologues, les sociologues, les économistes. Devant une situation désarmante et inconnue, nous semblons nous être tournés collectivement vers ceux qui devraient nous offrir des réponses, des certitudes, des instructions claires sur ce qu’il faut faire. Cet étalage ne nous aura pas permis d’en conclure que la science permet de contourner les polémiques, les critiques et les discussions ne cessant pas pour autant.

A cette occasion, le recueil des communications de notre séminaire paraît à point nommé pour nous permettre de revenir sur les moments forts de cette journée et pour nous donner à défauts des réponses, les questions qu’il convient de se poser pour le « monde d’après ». Bonne lecture !

Disponible ici => Résumé des interventions – Séminaire ACCS 2019

Appel à communication – Usages des médias sociaux lors de controverses (IPSA 2020)

Un appel à communication d’intérêt pour les membres et sympathisants de l’ACCS.

(Version française ci-après.)

Call for proposals

Call for proposals – MS and Social Acceptability

International Political Science Association Lisbon (Portugal), July 2020
RC-22 – Political Communication

Digital Dissent: Uses of Social Media in Controversial Projects Raising Social Acceptability Issues

Chair: Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-Rivières
Discussant: Alessandro Nai, University of Amsterdam and Vincent Raynauld, Emerson College Boston

Over the past 15 years, digital media have redefined the repertories of political action and engagement. Formal political actors, companies, interest groups and citizens are now turning to digital platforms to inform, disseminate messages, mobilize and protest in the public space. These new political practices, facilitated by the Internet, seem particularly helpful in order to debate social acceptability issues. The notion of social acceptability has become essential when it comes to the development of projects with economic, social or environmental impacts; several controversial infrastructure or development projects (e. g. LNG ports or pipelines) have given rise to fierce political and social clashes in North America and Europe. However, we know very little about the intertwining of these new forms of engagement that social media allows when the social acceptability of projects is at stake. Are social media a vehicle for engagement and mobilization? Who are the actors that invest in these platforms and what are their objectives? How do social media strategies complement traditional protest repertories? What are the effects of such participation on the trajectory of controversies? The goal of this panel is to understand the uses of digital social media in controversies that raise social acceptability issues.

The contributions sought will be aimed at:

– Characterizing the use of digital social media in controversial contexts;
– Examining the place of these uses in the communication strategies put forward by the various actors involved in these controversies;
– Analyzing the supporting rhetoric deployed by actors on these digital social platforms, and comparing it to that put forward through traditional protest and participation repertoires;
– Characterizing the leadership that is exercised in these spaces;
– Studying the forms of dialogue between the different stakeholders in the debates made possible by the digital media.

Proposals with an empirical dimension will be preferred.

People interested to submit a proposal are invited to do so by October 10th, 2019, through the IPSA congress website: https://wc2020.ipsa.org/wc/submit-paper. The panel can be found in the RC22 – Political Communication.

International Political Science Association Lisbonne (Portugal), July 2020
RC-22 – Political Communication


Appel à propositions

Usage des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale

Chair : Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-Rivières
Discussant : Pierre Leroux, Université catholique de l’Ouest (Angers, Nantes, France)

Au cours des 15 dernières années, les médias socionumériques sont venus redéfinir les répertoires d’action et d’engagement politiques. Les acteurs politiques formels, les entreprises, les groupes d’intérêts et les citoyens se tournent maintenant vers les plateformes numériques pour s’informer, diffuser des messages, se mobiliser et protester dans l’espace public. Ces nouvelles pratiques politiques, facilitées par Internet, semblent particulièrement propices lors de débats touchant des enjeux d’acceptabilité sociale. Cette notion d’acceptabilité sociale est devenue incontournable lorsqu’il est question du développement de projets porteurs d’impacts économiques, sociaux ou environnementaux; plusieurs projets controversés d’infrastructures ou d’aménagement (ports méthaniers ou pipelines par exemple) ont notamment donné lieu à de vifs affrontements politiques et sociaux, en Amérique du Nord comme en Europe. Or, nous en savons très peu sur l’enchevêtrement de ces nouvelles formes d’engagement que permettent les médias sociaux lorsque l’acceptabilité sociale de projets est en jeu. En quoi les médias sociaux sont-ils un vecteur d’engagement et de mobilisation ? Qui sont les acteurs qui investissent ces plateformes et quels sont leurs objectifs ? En quoi les stratégies déployées sur les médias sociaux sont-elles complémentaires aux répertoires de protestation traditionnels ? Quels sont les effets d’une telle participation sur la trajectoire des controverses ? L’objectif de ce panel est ainsi de comprendre les usages des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale.

Les contributions recherchées viserons à:

  • Caractériser l’usage des médias socionumériques dans des contextes de controverses ;
  • Examiner la place de ces usages dans les stratégies communicationnelles mises de l’avant par les divers acteurs concernés par ces controverses;
  • Analyser la rhétorique justificative déployée par les acteurs sur ces plateformes socionumériques, et la comparer à celle mise de l’avant par l’entremise des répertoires traditionnels de protestation/participation;
  • Caractériser le leadership qui s’exerce dans ces espaces;
  • Étudier les formes de dialogue entre les différents intervenants des débats rendus possibles par les médias socionumériques. Les propositions comportant une dimension empirique seront privilégiées. Les personnes intéressées à soumettre une proposition sont invitées à le faire via le site web du congrès, et ce, d’ici le 10 octobre 2019 : https://wc2020.ipsa.org/wc/submit-paper. Le panel peut être trouvé dans le RC22 – Political Communication.