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Appel à Communications – Publicité et transition écologique – Séminaire ACCS

Texte de l’appel : ACCS Publicité et transition écologique.

  • Appel à communication

La critique publicitaire est née au milieu du 19ème siècle, peu de temps après l’apparition des premières annonces dans la presse (1836). Elle s’est progressivement transformée et l’on peut aujourd’hui délimiter trois périodes majeures.

D’abord une critique portant sur « l’abêtissement » publicitaire, celle-ci était essentiellement relayée par des écrivains comme Paul Valéry, René Etiemble ou Georges Duhamel et visait le langage de la publicité.

La critique a ensuite évolué pour se focaliser sur l’intrusion publicitaire. Il s’agit, en premier lieu, de dénoncer la présence jugée excessive des panneaux publicitaires dans les paysages et l’espace public puis, dans un second temps, de critiquer l’explosion du digital et des publicités numériques.

Enfin, au début des années 2010, une nouvelle critique émerge et porte essentiellement sur les aspects de transition écologique. La question principale vise le décalage apparu entre une nécessaire sobriété en matière de consommation et un modèle publicitaire dont l’objectif est de vendre toujours plus.

Depuis quelques mois, la question des rapports entre publicité et transition écologique est au cœur de l’actualité et de l’attention médiatique. Au mois de juin 2020, un collectif de vingt-cinq ONG a publié un rapport « Big Corpo » suivi d’un nouveau rapport émanant notamment de Greenpeace et réclamant une « Loi Évin pour le Climat ». Un rapport proposant une vingtaine de mesures sur les liens entre publicité et environnement a été remis au ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Tout dernièrement, la Convention citoyenne pour le Climat a recommandé l’interdiction de la publicité des produits les plus polluants et demandé l’apposition d’une mention destinée à lutter contre la surconsommation « En avez-vous vraiment besoin ? »

La publicité se retrouve dans une situation inédite et cherche à valoriser son rôle économique et social ainsi que ses initiatives. Le débat devrait se poursuivre avec le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée Nationale et la mise en place des États Généraux de la Publicité pilotés par la filière communication.

Si des sujets comme le greenwashing ont pu être abordés par les sciences de l’information et de la communication, la question des rapports entre publicité et transition écologique a été peu étudiée dans le monde académique. C’est pourquoi l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible souhaite organiser un séminaire le jeudi 19 novembre, de 17 à 19 heures.

Ce séminaire est organisé en partenariat avec la chaire de Relations Publiques et Communication Marketing de l’Université du Québec à Montréal, le Groupe d’étude et de recherche « Communication, Environnement, Science et Société » de la SFSIC, l’Earth and Life Institute et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme.

Selon l’évolution de la situation pandémique celui-ci se déroulera soit en présentiel, soit sous forme de webinaire.

  • Propositions d’axes de travail (non limitatif)
  • Les interactions entre les acteurs impliqués ;
  • Les formes de la remise en cause actuelle ;
  • L’analyse des messages publicitaires ;
  • La régulation publicitaire ;
  • La place du numérique ;
  • L’incidence écologique des supports publicitaires ;
  • L’intégration des démarches de publicité responsable dans la RSE des entreprises ;
  • Etc.
  • Modalités de soumission

Les chercheurs intéressés pour proposer une contribution (15 minutes) sont invités à nous adresser une proposition avant le lundi 14 septembre. Les propositions de communication devront être adressées simultanément aux trois contacts ci-dessous.

Format attendu : 1 000 ou 1 500 signes, en incluant la bibliographie, 5 mots clés.

Les interventions feront ensuite l’objet d’une publication sous forme d’actes du séminaire.

Contacts :      François Allard – francois.allard-huver@univ-lorraine.fr

Thierry Libaert – thierry.libaert@uclouvain.be

Bernard Motulsky – motulsky.bernard@uqam.ca

REPORT – Colloque « Contentious Science, Sticky Politics » – Automne 2021

En raison de la crise du COVID 19, le Colloque « Contentious Science, Sticky Politics » organisé par l’Université Bordeaux Montaigne a été reporté à l’automne 2021.

L’ACCS est partenaire de ce colloque et vous invite à envoyer vos propositions (en français ou en anglais).

Plus d’information sur le site de la conférence : https://sciencepolitics.sciencesconf.org/

Le texte de l’appel en pdf ci-joint.

Contentious Science, Tricky Politics:  Experts and Scientists in Controversial Policy Debates in Europe and North America 

Website and submissions:https://sciencepolitics.sciencesconf.org

Decision-makers—and those who pressure them—confront technical, ethical, and political uncertainty when navigating controversial issues. They often seek information they hope will provide guidance or authority. But what kinds of knowledge influence them to make a decision about questions whose very nature is a source of disagreement? Despite their classification as either primarily technical or purely moral, some social problems—especially those about the meaning, impact, or survival of human life—require policymakers to negotiate contested scientific and ethical terrain. Centering this question, this conference examines how and why “experts,” broadly defined, as well as activists and policymakers interact and influence each other as they work to address contested, high-stakes issues in Europe and North America. 

It invites scholars who analyze policymaking across domains and issues in which decision-makers negotiate contested scientific and ethical terrain. Examples include but are not limited to climate change, vaccine hesitancy, gene editing, sexuality and gender-based rights claims, data surveillance, social justice and human rights, as well as fiscal policy. In dealing with these issues, proponents and opponents work to create coalitions with their allies across academic, activist, and political fields to advance their cause, potentially influencing one another and shaping work in adjacent and overlapping fields. 

The relationships between experts, policymakers, and activists are important because their consequences can impact political decisions, such as the enacting of carbon emission restrictions or the legalization of same-sex adoption. They also shape how the public and policymakers perceive, say, the threat of climate change, the safety of vaccines, or the necessity to treat minority families equally. Current research tends to analyze some issues, such as climate change, from the angle of “politicized science” (McCright and Dunlap, 2011) and to analyze others, including the rights of gender and sexual minorities, from the angle of “morality politics” (Engeli et al., 2012). This conference seeks to start a conversation that aims to overcome that theoretical divide. By analyzing the interactions between experts, activists, and policymakers across a range of issues, it strives to bring to light the ways in which scientific and moral considerations may undergird all of them. 

Social scientists have identified how previously ignored phenomena become urgent social problems that draw the critical scrutiny of media, policymakers, and the public (Tilly and Tarrow, 2007). Across a wide range of issues, from sexual harassment to autism (Eyal, 2013; Zippel, 2006), activists create coalitions with political and academic elites to transform things that once seemed normal into problems deserving political attention. We know that once an issue is identified, advocates on either side continue to work with experts to produce information to convince policymakers (Stone, 2011). Scientific information can be especially effective—particularly in courts—because it can withstand critical scrutiny and projects legitimacy (Jasanoff, 2009). For this reason, social movements invest in academic allies (Armstrong and Bernstein, 2008). For example, in the case of climate change, environmentalists have relied on climatologists to provide them with data they can use to push for restrictions on carbon emissions in Europe and the United States (Dilling and Lemos, 2011). Similarly, LGBT activists have relied on psychologists to provide research about same-sex couples and their children in order to gain legal recognition for their relationships (Mezey, 2009). This “triangular” relationship (Paternotte and Kollman, 2013) between activists, experts, and policymakers creates “epistemic communities” (Smirnova and Yachin, 2015) among people with the same political or intellectual outlook. Thus, for instance, climatologists and environmentalists in favor of carbon restrictions must compete against scientists and their political allies who deny that humans cause climate change. These triangles remain under-analyzed because scholarship may overlook how moral and technical problems both involve the interplay of science and politics. By comparing across issues, this conference seeks to move beyond that limitation. 

New research indicates that these epistemic communities’ capacity to push their agendas depends on the power they wield within academic and political fields. Some have suggested that if experts dominate their professional or academic fields, they can share their status with their political and social movement allies (Fligstein and McAdam, 2012). Specifically, decision-makers may be more likely to believe experts whose claims represent the current consensus within their discipline. Revealing the significance of this effect, recent scholarship suggests that activists specifically try to influence the production of scientific knowledge so that they can claim that research supports their goals (Jasanoff, 2004). This conference contributes to this growing body of work by inviting papers that study academic-activist “feedback loops,” as well as networks of people and ideas, and the ways they constrain and enable policymaking and knowledge production on controversial issues.

In addition, the influence of well-financed NGOs and think tanks (Béland and Cox, 2010) allows epistemic communities to pool their resources despite marginalization they may face (Stambolis-Ruhstorfer 2020). Indeed, perhaps because of such resources, although climate change doubters are a minority in the academic sphere, they continue to have a strong voice in public debates (Dunlap and Jacques, 2013). Yet, these organizations, and the “triangular” relationships they help organize, confront policymaking venues with different rules about the role of expertise, such as courts and legislatures, which vary according to national and transnational politic contexts. This conference encourages papers that bring the insights about the role of these “institutional logics” (Thornton et al., 2012) in policymaking processes in different Europe and North American cases whose institutional configurations allow for fruitful comparisons (Beyers and Braun, 2014; Ruzza, 2004; Woll, 2006).

This conference invites paper proposal from fields across the humanities and social sciences that examine the intersection between knowledge and contentious politics within local or national contexts in North America, Europe, and/or supranational policymaking institutions, such as the E.U. or the United Nations. Comparative work that includes one of these contexts is especially encouraged. Both theoretical and empirical work is welcome as well as that which addresses historical periods from the 18th century to today.  

These proposals may fit within, but are not limited to, one or more of the following themes:

  • Interactions and/or networks among and across activists, scientists, and policymakers on debates related to controversial issues (ex. climate change, vaccine hesitancy, gene editing, data surveillance, artificial intelligence, sexuality and gender-based rights claims, social justice and human rights, fiscal policy, etc.).
  • The work of knowledge producers, such as scientists, who defend heterodox positions within their fields that impacts political debates
  • Funding of research for controversial political debates  
  • Cross-national connections between scientists, activists, policymakers 
  • Theoretical and empirical work connecting politicized science and morality politics
  • Dynamics between opposing scientific epistemic communities engaged in policy debates
  • Steps scientists, journals, organizations and other knowledge producers take to “translate” their work and make it audible and understandable to decision-makers and the broader public. What media do they chose to use and why? What impact do these choices have on how people interact with and understand their work?

Submission procedures and calendar:

Paper proposals should be submitted in English or French (max 500 words, excluding bibliography). They should explain their main contribution, methodology and data (where appropriate), and findings. Include a two-line biographical statement and keywords. Please note, the conference will be held in English with French interpretation. Submit on the conference website (account creation required): https://sciencepolitics.sciencesconf.org

Proposals due May 15, 2020. Results will be communicated by mid-July 2020. 

The conference will take place on Wednesday 2, Thursday 3 and Friday 4 December 2020 in Bordeaux. 

Program Committee (Organizers):

Michael Stambolis-Ruhstorfer, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Marie Coris, Université de Bordeaux / GREThA

Nicolas Labarre, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Stéphanie Bonnefille, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Conference Proposal Reviewers (Scientific Committee):

François Allard-Huver, (Information and Communication Studies) Univ. de Lorraine

William Berthomière, (Geography) CNRS/PASSAGES

Mathilde Bertrand, (History) Université Bordeaux Montaigne

Stéphanie Bonnefille, (Linguistics) Université Bordeaux Montaigne

Cédric Brun, (Philosophy) Université Bordeaux Montaigne

Rosalind Cavanagh (Political Science), Glawgow Caledonian University

Béatrice Collignon, (Geography) Université Bordeaux Montaigne

Pauline Cullen, (Sociology) Maynooth University

Pauline  Delage, (Sociology) CNRS/Cresspa

Martine Gross, (Sociology) CNRS/Césor EHESS

Nicole Iturriaga, (Sociology) Max Planck Institute

Nicolas Labarre, (Media Studies) Université Bordeaux Montaigne

Guillaume Marche, (Political Science) Université Paris Est Créteil

Jennifer Merchant, (Political Science and Law) Université Paris 2

Aaron Panofsky, (Sociology and Science Studies) UCLA

Koen Slootmaeckers, (Political Science) City, University of London

Michael Stambolis-Ruhstorfer, (Sociology) Université Bordeaux Montaigne

Valkovičová Veronika, (International Studies) Inst. for Labour & Family Rsrch., Bratislava

Stefan Vogler (Sociology), Northwestern University

Stéphanie Yates (Information and Communication Studies),Université du Québec à Montréal

Sponsors and Partners:

Universities:

Université de Bordeaux

Université Bordeaux Montaigne

University research groups:

CHANGES (Social science of contemporary changes)

GREThA (Research Group on Theoretical and Applied Economics)

PASSAGES (Geography, Environment)

SPH (Science, Philosophy, Humanities)

CLIMAS (Culture and languages of the Anglophone World)

Research institutes:

Institut des Amériques

Académie des Controverses et de la Communication Sensible

National/Regional sponsors:

IdEx Bordeaux

Works Cited:

  • Armstrong, E.A., Bernstein, M., 2008. Culture, Power, and Institutions: A Multi-Institutional Politics Approach to Social Movements. Sociological Theory 26, 74–99.
  • Béland, D., Cox, R.H. (Eds.), 2010. Ideas and Politics in Social Science Research. Oxford University Press, Oxford, UK.
  • Beyers, J., Braun, C., 2014. Ties that count : explaining interest group access to policymakers. Journal of public policy 34, 93–121.
  • Dilling, L., Lemos, M.C., 2011. Creating usable science: Opportunities and constraints for climate knowledge use and their implications for science policy. Global Environmental Change, Special Issue on The Politics and Policy of Carbon Capture and Storage 21, 680–689.
  • Dunlap, R.E., Jacques, P.J., 2013. Climate Change Denial Books and Conservative Think Tanks: Exploring the Connection. American Behavioral Scientist 57, 699–731.
  • Engeli, I., Green-Pedersen, C., Thorup Larsen, L. (Eds.), 2012. Morality Politics in Western Europe. Palgrave Macmillan, London.
  • Eyal, G., 2013. For a Sociology of Expertise: The Social Origins of the Autism Epidemic. American Journal of Sociology 118, 863–907.
  • Fligstein, N., McAdam, D., 2012. A Theory of Fields. Oxford University Press, Oxford, UK.
  • Jasanoff, S., 2009. Science at the Bar: Law, Science, and Technology in America. Harvard University Press, Cambridge, MA.
  • Jasanoff, S. (Ed.), 2004. States of Knowledge: The Co-Production of Science and the Social Order. Routledge, New York.
  • McCright, A.M., Dunlap, R.E., 2011. The Politicization of Climate Change and Polarization in the American Public’s Views of Global Warming, 2001–2010. Sociological Quarterly 52, 155–194.
  • Mezey, S.G., 2009. Gay Families and the Courts: The Quest for Equal Rights. Rowman & Littlefield Publishers, Lanham, MD.
  • Paternotte, D., Kollman, K., 2013. Regulating intimate relationships in the European polity: same-sex unions and policy convergence. Social Politics: International Studies in Gender, State & Society 20, 510–533.
  • Ruzza, C., 2004. Europe and Civil Society: Movement Coalitions and European Governance. Manchester University Press, Manchester, UK.
  • Smirnova, M.Y., Yachin, S.Y., 2015. Epistemic Communities and Epistemic Operating Mode. International Journal of Social Science and Humanity 5, 646–650.
  • Stambolis-Ruhstorfer, M. 2020. Producing expert capital: how opposing same-sex marriage experts dominate fields in the United States and France. Social Movement Studies 19, 38-62.
  • Stone, D., 2011. Policy Paradox: The Art of Political Decision Making, Third Edition. ed. W. W. Norton & Company.
  • Thornton, P.H., Ocasio, W., Lounsbury, M., 2012. The Institutional Logics Perspective: A New Approach to Culture, Structure, and Process. Oxford University Press, Oxford, UK.
  • Tilly, C., Tarrow, S.G., 2007. Contentious politics. Paradigm Publishers, Boulder, CO.
  • Woll, D.C., 2006. Lobbying in the European Union: From sui generis to a comparative perspective. Journal of European Public Policy 13, 456–469.
  • Zippel, K.S., 2006. The Politics of Sexual Harassment: A Comparative Study of the United States, The European Union, and Germany. Cambridge University Press, Cambridge, UK.

La publicité est-elle soluble dans le climat ?

Par Thierry Libaert

La critique publicitaire est presque aussi ancienne que la naissance de la publicité au milieu du 19ème siècle. Tout lui fut reproché, d’abêtir les individus, de manipuler les esprits, de polluer les paysages. Plus récemment avec la généralisation du numérique, la critique se focalisa sur son caractère intrusif. Désormais, les professionnels de la publicité doivent affronter de nouvelles attaques, leur métier irait à l’encontre des objectifs de lutte contre le dérèglement climatique.

Le déclic est apparu avec « l’affaire C-Discount » au début de l’année 2018. Parue au moment des soldes, cette publicité fit l’objet d’une plainte par l’ADEME mais le jury de déontologie de la publicité, l’une des trois instances de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) la jugea infondée. Le débat rebondit fin 2019 avec la loi anti-gaspillage et économie circulaire qui fit l’objet d’un très grand nombre d’amendements. Leurs auteurs arguaient que, si la publicité avait pour rôle de promouvoir la consommation, elle ne saurait inciter à la surconsommation. On conviendra que la frontière est étroite et fortement subjective.

La Convention Citoyenne sur le Climat qui a terminé ses travaux le 21 juin s’est prononcé de manière très radicale, notamment par l’obligation qui serait faite dans les publicités d’inclure la mention « En avez-vous vraiment besoin ? ». Il est en sorte demandé à la publicité d’inciter à l’achat de produits et, en même temps, d’en dissuader l’acquisition.

La critique est donc forte : interdiction de publicités portant sur des produits à empreinte carbone élevée, alourdissement des mentions légales, suppression de la publicité extérieure dans l’espace public et des imprimés dans les boîtes aux lettres, remplacement de l’autorité de régulation actuelle par une autorité administrative dotée d’importants pouvoirs de sanctions.

Mardi 9 juin fut publié un important rapport « Big Corpo. Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique ». Rédigé par un collectif de 25 associations dont Résistance à l’Agression Publicitaire, ce rapport énumère de manière précise toutes les critiques contre la sphère publicitaire, et l’ensemble des arguments est souvent rigoureusement documenté. Une semaine plus tard, c’est un nouveau collectif associatif mené par Greenpeace qui propose une « Loi Evin pour le Climat ».

C’est dans ce contexte que j’ai remis jeudi 11 juin un rapport à Madame Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la transition écologique et solidaire. L’objectif était de délimiter des points de progrès permettant à la publicité d’être davantage en phase avec les grands enjeux environnementaux, notamment climatiques. Ce rapport qui contient une vingtaine de propositions a été rédigé avec Géraud Guibert, Conseiller maître à la Cour des Comptes, à qui j’avais proposé de joindre à moi pour ce travail.

J’ai constaté qu’un grand nombre de publicitaires n’ont pas réellement conscience de leur responsabilité. Selon eux, la publicité n’est que le reflet de son époque et évoluera avec elle, elle n’est qu’un outil au service des annonceurs et il faudrait éviter d’en faire le bouc émissaire de tous les maux de notre système économique.

Mais, en parallèle, la plupart des grandes associations de communication comme l’Union des Marques, notamment avec le programme FAIRe, ou l’AACC avec le label RSE et les dispositifs de formation, des organisations comme Entreprises pour l’Environnement autour du projet d’Alliance pour la publicité, l’ARPP elle-même avec la nouvelle recommandation développement durable publiée le 29 avril 2020, toutes ces structures témoignent d’une prise de conscience et d’une volonté d’engagement.

Pour la suite, la balle est entre les mains des pouvoirs publics. Ceux-ci doivent étudier les recommandations de notre rapport et préparer les réponses aux propositions de la Convention citoyenne.  Il est étonnant qu’alors qu’explosent toutes les critiques sur les impacts écologiques de la publicité, la profession, pourtant porteuse d’une mission de communication, reste aussi silencieuse. Espérons qu’il puisse y avoir un réel débat et que les enjeux ne se règlent pas dans les antichambres du pouvoir à coups de démarche de lobbying. La publicité ne saurait être la seule activité à ne pas s’engager fortement envers les grands enjeux écologiques et notamment climatiques. Les professionnels seraient bien inspirés de renforcer et d’accélérer leur mutation.

Séminaire «L’argument scientifique dans les controverses» – Résumé des interventions

À peine quelques mois après notre séminaire, la pandémie est venue bouleverser notre monde si tranquille. Et nous a mis sous les yeux l’importance de la science non pas dans une controverse, mais devant l’inconnu. On a rarement autant été exposés sur toutes les plateformes à la présence et les explications de vrais scientifiques : infectiologues, médecins, spécialistes de santé publique, épidémiologistes, virologues sans compter les sciences moins dures comme les psychologues, les sociologues, les économistes. Devant une situation désarmante et inconnue, nous semblons nous être tournés collectivement vers ceux qui devraient nous offrir des réponses, des certitudes, des instructions claires sur ce qu’il faut faire. Cet étalage ne nous aura pas permis d’en conclure que la science permet de contourner les polémiques, les critiques et les discussions ne cessant pas pour autant.

A cette occasion, le recueil des communications de notre séminaire paraît à point nommé pour nous permettre de revenir sur les moments forts de cette journée et pour nous donner à défauts des réponses, les questions qu’il convient de se poser pour le « monde d’après ». Bonne lecture !

Disponible ici => Résumé des interventions – Séminaire ACCS 2019

Communication au travail : c’est le moment de se dire les choses !

Jean-Marie Charpentier est docteur en sciences de l’information et de la communication, consultant et auteur avec Jacques Viers de Communiquer en entreprise Retrouver du sens grâce à la sociologie, la psychologie, l’histoire, Vuibert, 2019

Nous sortons difficilement d’une crise sanitaire qui nous a privés de la présence des autres et contraints à une distance en partie compensée par l’usage du numérique. Rien ne sera comme avant, entend-t-on parfois… Demain, nos modes de communication seront toujours au cœur du travail, mais on peut légitimement se demander lesquels et surtout dans quelles conditions. Le télétravail oui sans doute, mais jusqu’où ? Après l’open space, le flex office deviendra t-il la nouvelle norme au bureau ?

Un débat, et c’est heureux, monte à propos du travail à distance et de l’espace de travail. Il touche aux liens sociaux et à la nature de la communication quand les choix en gestation à l’initiative le plus souvent des directions financières ou immobilières visent, pour des raisons de coût avant tout, à réduire les m2 et faire travailler plus de salariés à domicile. Dans la période difficile qui vient, ces acteurs seront-ils seuls à la manœuvre quand des questions de relation sociale sont en jeu ? Se peut-il que tous ceux qui ont affaire avec la communication au quotidien, qu’ils soient managers, RH, communicants internes ou acteurs syndicaux assistent en spectateurs ou simples accompagnateurs aux réorganisations sans dire leur mot?

Refaire société ou distendre les liens ?

Le besoin pressant de refaire société en entreprise après une telle crise rend d’autant plus nécessaire de débattre de la suite. Nous sommes dans un moment où le débat devrait s’imposer. Ce que l’on a vécu pendant le confinement pèsera, c’est certain, dans les choix en matière de temps, de lieu et d’action pour les salariés.  L’expérience du télétravail n’a pas été la même pour tous. Certains l’ont découvert avec intérêt, d’autres en ont pâti[1]. Son extension à venir couplée à une raréfaction des espaces de bureau mérite autre chose que les trop rapides conclusions que certains, par effet d’aubaine, voudraient en tirer. Quelle communication veut-on dans l’entreprise et dans le travail entre salariés, managers et dirigeants ? Qu’en sera t-il de la présence des uns et des autres dans un univers qui privilégierait « zoom », « team » et l’éclatement spatial du « flex » ? Quelle place pour la coopération au jour le jour qui demande des contacts physiques directs, de la sensibilité, de l’informel?

Ces questions nous rappellent à la fois la part essentielle de la communication dans le travail [2] et le fait que la coopération fondée sur l’échange et le don ne se résume pas à la coordination technique[3]. Des échanges réciproques structurent notre quotidien au sein des collectifs de travail. On a besoin de se rencontrer pour exister ensemble. La bascule dans un télétravail dominant en même temps qu’un éclatement des lieux de travail contribuent à la désocialisation et à des modes de travail s’accompagnant d’une plus grande solitude. Avec la promesse alléchante d’une autonomie pour quelques uns, c’est en fait la densité des relations sociales qui est en jeu[4].

Communiquer, c’est aussi se dire les choses

On va avoir besoin de se dire les choses en entreprise. Des prises de parole et de position sont a minima nécessaires, mais cela va demander de transgresser quelques lignes. Dans un débat, une controverse, une dispute, ce qui compte c’est d’avoir un point de vue. Or, ce n’est pas évident. Tant les managers que les communicants ont parfois du mal avec l’échange de points de vue, c’est-à-dire avec la confrontation. Longtemps, la communication en entreprise s’est déployée quasi exclusivement pour porter et relayer la parole de tête. Elle s’est située en surplomb à partir d’un discours global. Communiquer, c’est pour l’essentiel mettre à l’agenda en même temps qu’en lumière ce qui a été décidé et non ce qui est en question. Tout un champ de communication s’est ainsi construit autour de la transmission et de la diffusion. Il a sa légitimité sur le plan informatif. Seulement, sa vocation de cohérence et d’alignement a un revers : il se trouve souvent démuni quand on sort d’une approche consensuelle pour se situer au coeur des controverses. « La réalité en entreprise, c’est qu’on souffre d’un manque de débat et de conflictualité. Or celle-ci fait partie intégrante du travail », rappelle l’ergonome François Hubault[5]

Une tout autre dimension de la communication est requise pour aborder le débat qui vient. Elle a à voir avec la délibération. C’est de plus en plus vrai dans la société comme dans l’entreprise. Les conférences citoyennes sur le climat en sont un récent exemple.  Apparemment plus limités dans leur objet, les espaces de discussion sur le travail participent de ce que Mathieu Detchessahar nomme l’« entreprise délibérée »[6]. Un courant se dessine qui appelle de nouvelles démarches délibératives en entreprise faites d’intelligence collective, de participation, de subsidiarité. Les communicants y ont toute leur place, pour peu qu’ils ne limitent pas la communication à la seule logique diffusionniste. La délibération, rappelons-le, s’appuie sur la prise de parole des acteurs sur ce qui les concerne. La question que l’on doit se poser est la latitude que les managers comme les communicants auront ou qu’ils sauront se donner pour peser dans des choix qui concernent les conditions de travail et la relation en entreprise l’entreprise.

Repartir des situations vécues

Au cœur du travail et de la relation, on l’aura compris, quelque chose d’essentiel est en train de se jouer dont tous les acteurs de la communication doivent se saisir. Les choix quant à la part du télétravail ou l’organisation spatiale ne devraient donc raisonnablement pas rester l’apanage des seuls directeurs financiers ou immobiliers. Aux communicants comme aux managers de sortir du rôle attendu de bons petits soldats chargés de la mise en forme et de l’accompagnement de décisions prises en dehors d’eux. Ils doivent accepter, quand il en est encore temps, d’entrer dans l’arène, en partant des situations vécues et en se situant à d’autres échelles que celle, macro sociale, du discours global convenu sur la transformation. Le témoignage des acteurs de terrain est sans doute un des meilleurs moyens d’entrer dans le vif du sujet. Et les salariés comme les managers ont à dire en matière d’usage et d’appropriation des outils et des lieux[7].

Il y a quelques années, l’anthropologue Dominique Desjeux proposait plusieurs échelles d’observation des phénomènes sociaux[8]. La réalité n’est pas la même selon le point de vue que l’on adopte. Il distinguait quatre échelles d’observation. Selon que l’on regarde l’entreprise sur un plan macro social à partir de sa structure, de son organisation, de ses résultats ou de sa population globale, méso social avec chacun de ses métiers et son système d’action, micro social avec les équipes, les collectifs de travail ou micro individuel à partir de l’individu salarié, on n’observe pas la même chose. « Ce que l’on voit à une échelle disparaît à une autre et en même temps on ne peut pas dire que ce qu’on ne voit pas n’existe pas. » Cette approche en échelles est importante dans des contextes d’intenses transformations, aussi bien en termes d’observation que d’action. Dans ce débat qui touche au travail réel, il y a besoin de  « faire remonter les savoirs pratiques et de faire entendre le réel aux dirigeants »[9] Mettre en visibilité la réalité vécue au niveau micro social ou micro individuel est sans doute aujourd’hui un défi pour tous ceux qui participent à la communication en entreprise.

Les bouches commencent à s’ouvrir et c’est de bon augure pour la suite de ce débat : « Définitivement non, je n’ai pas choisi ce métier pour être collé derrière un écran, pour envoyer des mails, je n’ai pas choisi ce métier, la communication, pour basculer en permanence dans un télétravail déshumanisant. », remarquait récemment Bernard Sananes[10]. Le sujet est sensible, trop sensible pour ne pas s’en saisir avec détermination. Il mérite amplement débat avant décision.


[1] Terra Nova, « La révolution du travail à distance », note du 30 avril 2020

[2] Philippe Zarifian, Travail et communication, Puf, 1996

[3] Norbert Alter, Sociologie du monde du travail, Puf, 2006

[4] Fanny Lenderlin, Les dépossédés de l’open space, Puf,, 2020

[5] Jean-Marie Charpentier, Jacques Viers, Communiquer en entreprise Retrouver du sens grâce à la sociologie, la psychologie, l’histoire… Vuibert, 2019

[6] Mathieu Detchessahar (dir), L’entreprise délibérée Refonder le management par le dialogue, Nouvelle Cité, 2019

[7] Aurélie Dudézert, La transformation digitale des entreprises, La Découverte, 2018

[8] Dominique Desjeux, Les sciences sociales, Puf, 2004

[9] Conférence de l’Association française de communication interne (Afci) avec Norbert Alter, le 13 mai 2020

[10] Stratégies, 20 mai 2020

Dossier thématique n° 56 « Sciences participatives : utopie démocratique, innovation, exigence sociale ? »

Dossier coordonné par Céline Pascual-Espuny (IMSIC, Aix-Marseille Université), Andrea Catellani (LASCO, Université catholique de Louvain) et Béatrice Jalenques-Vigouroux (LERASS, INSA Toulouse).

À la reconquête du lien entre les sciences et la Cité, d’une pratique élargie et ouverte de la science, la recherche participative a connu un essor et une amplitude sans précédent ces dernières années. D’une question et d’une méthodologie de recherche, la démarche a ensuite évolué vers une approche participative institutionnelle, plus globale. Sciences participatives, open sciencecrowdsourcing, recherche-action, sciences post-normales, sciences citoyennes ou encore citizen sciences… se multiplient. Les travaux de John Dewey (1927), de Kurt Lewin (1948), de Talcott Parsons (1965) et de Paolo Freire sur la Community-Based Participatory Research ont posé les bases des sciences participatives, qui proposent des logiques où le chercheur est engagé, au cœur d’une recherche où sont sollicités de nombreux savoirs, et où le dispositif de participation lui-même est source d’action.

Depuis une vingtaine d’années, ces méthodologies de recherche postulent une symétrie de savoirs, un dialogue entre des savoirs dits « savants », scientifiques ou académiques, des savoirs dits « experts » ou analogiques et les savoirs « expérientiels » (Gardien, 2017, Amaré, Valran, 2017). Éclos dans les recherches en sciences environnementales (botanique, zoologie, mais aussi géographie) où le recours à des données relevées par des citoyens s’est avéré fondamental, dès la fin du 19e siècle, le mouvement est désormais global.

Utopie démocratique ? innovation ? exigence sociale ? La recherche participative ouvre la question de la valeur accordée aux savoirs, et à celle du savoir produit, coconstruit par l’échange issu de la participation. Elle postule que ce savoir, né de la rencontre de ces différents mondes cognitifs, dépasse les clivages et permet l’accès à une compréhension plus complète des phénomènes sociétaux (Le Crosnier et al., 2013, Amaré et al., 2017). Certains chercheurs relèvent également son utilité et sa nature profondément politique et tourné vers la recherche-action (Billaud et al., 2017).

Au-delà, ces pratiques questionnent la méthodologie scientifique et posent aussi bien la question de l’utilité de la science dans la société que celle de la place des chercheurs et de la place accordée aux profanes dans le processus de construction de la connaissance (Ravon, 2015, Callon, 1989, Bacqué, Biewerner 2015). En miroir, elles posent également la question de l’ancrage de la recherche dans le séculaire et dans les sollicitations sociales. Enfin, les notions d’empowerment et de participation, qui sont transversales et directement liées à ces pratiques ouvrent des perspectives de recherche ancrées dans la Cité.

Cette approche impacte les sciences de l’information et de la communication. Certaines recherches ont partiellement abordé cette question. Elles ont initialement exploré la voie de la vulgarisation ou de la traduction du discours scientifique (Yves Jeanneret, Joëlle le Marec, ou Igor Babou). Par ailleurs, en s’intéressant aux questions de participation du public dans la prise de décision environnementale, et en abordant plus précisément les questions de participation, de transparence, de dialogue et d’espace de discussions, les recherches de Martin (2007) ont mis en perspective les processus communicationnels par lesquels les compromis ont été trouvés au travers de processus participatifs sur des communautés natives. Hamilton (2008) a également travaillé sur les questions de convergences ou de divergences sur les armes nucléaires et leurs conséquences environnementales. Walker (2004) a travaillé sur la collaboration environnementale et la résolution des conflits. Philippe Roqueplo (1988) au travers de l’exemple des pluies acides, a abordé la question des jeux d’acteurs et celle des controverses et des conflits. Les travaux de Nicole d’Almeida et François Allard Huver (2014) ont développé toute une réflexion sur la dramaturgie du risque, ceux de Bolin portent sur l’histoire de la science autour de la météorologie et du changement climatique et ses effets sur l’opinion publique (Bolin, 2007). D’autres études se sont focalisées sur les effets de la communication pour créer les conditions du changement de perception face au changement climatique (Bostrom et Laschof, 2007) sur la capacité prédictive de la communication sur le changement (Brisse, Oreske et O’Reilly, 2013).

Les contributions attendues pourront en particulier répondre aux interrogations suivantes.

  • Dans quelle mesure le travail de recherche réalisé avec des profanes, et plus seulement avec les pairs, remet-il en cause la notion de rigueur scientifique, et la notion de vérité scientifique, voire l’idée de validité scientifique ?
  • Comment ces travaux de co-construction articulent-ils besoin social, exprimé par des institutions publiques, des collectivités territoriales, et indépendance scientifique ?
  • À quel point ce type de recherche traduit-il un engagement des chercheurs, qu’il soit politique ou social ? Cet engagement est-il, doit-il être, explicite ? Comment les chercheurs « recrutent »-ils leurs aides non-scientifiques ? Quelles conditions leur imposent-ils pour le bon déroulement de la recherche ?
  • Quels discours et quels dispositifs communicationnels sont mobilisés ? Quelles constructions sémantiques et éventuellement idéologiques apparaissent, quelles justifications ? Quel « éthos » du chercheur citoyen (ou amateur) est-il créé ?
  • Concernant la ou les méthodologie(s) mise(s) en œuvre, la place de la transparence, et donc de la communication, devient-elle plus nécessaire ou importante ?
  • Quels sont les résultats et les approches qui ont été développées pour accompagner ces recherches actions ?

Comité de lecture

François Allard-Huver (CREM, Université de Lorraine)

Igor Babou (Ladyss, Université Paris Diderot)

Françoise Bernard (IMSIC, Aix-Marseille Université)

Nicole D’Almeida (GRIPIC, Université Paris Sorbonne)

Thierry De Smedt (GREMS-RECOM, UCLouvain, Belgique)

Amaia Errecart (LabSIC, Université Sorbonne Paris Nord)

Anne Gagnebien (IMSIC, Université de Toulon)

Thierry Libaert (Comité économique et social de l’Europe)

Pieter Maeseele (Université d’Anvers, Belgique)

Marieke Muller-Stein (CREM, Université de Lorraine)

Roger Pielke Jr. (University of Colorado – Boulder, États-Unis)

Mathieu Quet (Institut de recherche pour le développement, IFRIS)

Daniel Raichvarg (CIMEOS, Université de Bourgogne)

Bruno Takahashi (Michigan State University, États-Unis)

Philippe Verhaegen (GREMS-RECOM, UCLouvain, Belgique)

Sélection des propositions

La sélection des propositions de contribution se fait en deux temps :

  • sur la base d’un résumé de 1 500 à 2 000 mots qui présentera les objectifs, l’argumentation et l’originalité de la proposition ainsi que quelques orientations bibliographiques,
  • pour les résumés retenus, une seconde évaluation sera réalisée sur la base des articles définitifs.

Les instructions aux auteurs, à respecter scrupuleusement, sont disponibles sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/edc/668.

L’évaluation sera assurée de manière anonyme par au moins deux lecteurs du comité.

L’envoi des résumés au plus tard le 15 avril 2 mai 2020 au format Word (.docx) ou OpenDocument (.odt) se fait aux trois adresses suivantes :

Les propositions d’articles et les articles définitifs d’une longueur de 35 000 signes (espaces, notes de bas de page et bibliographie compris) peuvent être soumis en français ou en anglais. Aucun engagement de publication ne peut être pris avant la lecture du texte complet.

Calendrier

15 avril 2 mai 2020 : soumission des résumés pour évaluation

15 mai 31 mai 2020 : notification de l’acceptation ou du refus

15 septembre 2020 : remise de la version complète des articles

15 décembre 2020 : réception des versions définitives des articles

Juin 2021 : publication du dossier dans le numéro 56 d’Études de Communication

Appel à articles pour la rubrique Varias

Études de communication lance un appel à articles permanent pour sa rubrique Varias.

Toutes les propositions dans les différents domaines de la recherche en SIC sont les bienvenues.

Les consignes de rédaction sont disponibles sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/edc/668.

Agenda prévisionnel 2020

Chères amies et chers amis de l’ACCS,


En ce début d’année, nous souhaitions vous faire part de quelques unes de nos prochaines actions et actualités de l’association.


Sur le front éditorial, nous sommes en train de finaliser un recueil de textes comprenant les résumés étendus des communications présentés lors de la journée du 22 octobre 2019. Nous sommes également à la recherche d’un éditeur pour des textes plus conséquents de cette journée.


Sur le plan scientifique, nous préparons la thématique de notre future manifestations et devrions publier un appel dans les prochaines semaines. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez être partenaire de cette future rencontre.


Du côté des manifestations, l’ACCS est également partenaire d’évènements qui seront organisés dans les prochains mois :

  • Un séminaire commun ACCS /CapCom,  au printemps,  sur le thème de la Responsabilité du Communicant public face aux enjeux de transition écologique,
  • Le Colloque « Contentious Science, Sticky Politics » organisé à l’université Bordeaux Montaigne en décembre, dont l’appel devrait être diffusé sous peu

En vous souhaitant encore une bonne année !

Retour sur le séminaire annuel : « Le rôle de l’argument scientifique en communication sensible »

22 octobre 2019 – Fondation Charles Leopold Mayer

Mardi dernier, plus d’une cinquantaine de participants et intervenants – étudiants, chercheurs, professionnels de la communication et des médias, associatifs et citoyens – se sont retrouvés à l’occasion de la journée consacrée au rôle de l’argument scientifique en communication sensible co-organisée par l’ACCS et le CARISM. Résumé d’une journée riche en échanges et en intelligence !

Lors de son introduction de la journée, le Président de l’ACCS, Thierry Libaert, a tenu à rappeler les enjeux de l’Académie : « créer un espace de dialogue et d’échange entre les chercheurs et les professionnels autour des sujets de la communication sensible ». Il a ensuite cédé la parole à Jean-Pascal van Ypersele, Professeur de climatologie à l’Université Catholique de Louvain, ancien vice-Président du GIEC, pour la conférence d’ouverture consacrée à « L’argument scientifique dans les controverses climatiques ». L’occasion pour lui de rappeler l’importance de la communication des experts sur cet enjeu tout comme de dénoncer le travail de sape entrepris par certains lobbies et les « semeurs de doute » climatiques.

La première table ronde de la matinée, animée par Bernard Motulsky (UQAM), a réunis quatre chercheuses et chercheurs autour de la thématique « Science, argumentation et controverses ». Juliette Rouchier (LAMSADE – PSL) a ouvert la journée avec la question de comment rendre un argument « scientifique » en s’appuyant notamment sur le cas des boues rouges dans les calanques de Marseille. Cyrille Bodin (LISEC – UNISTRA) a par la suite présenté l’histoire et les positions du mouvement zététique, notamment son rejet fort d’une partie des sciences humaines et sociales. Enfin, la table ronde s’est clôturée par la présentation d’Alice Friser (UQO) qui a montré comment la science est mobilisée dans une stratégie de minimisation ou d’évitement des controverses.

La deuxième table ronde de la journée, modérée par Thierry Libaert avait pour enjeu de questionner le rôle des « Scientifiques et experts dans les controverses scientifiques et les polémiques médiatiques ». A cette occasion, Stéphanie Yates (UQAM) a présenté lerecours à l’expertise, aux arguments scientifiques et aux chercheurs dans la lutte contre un projet uranifère au Québec. Arnaud Mercier (CARISM – Paris 2) a pour sa part fait un retour sur le cas de la Caulerpa Taxifolia en Méditerranée et notamment comment la science a été instrumentalisée pour échapper à une responsabilité civile dans un problème écologique. Les chercheurs de l’UQAM, Olivier Turbide et Thomas Maxwell ont à leur tour présenté un travail d’analyse du discours très précis sur les fonctions de l’argument d’autorité de nature scientifique dans différents contextes de controverses environnementales. Enfin, la matinée s’est clôturée par une présentation des collègues Simona De Iulio et Susan Kovacs (Université de Lille – GERiiCO) autour de l’utilisation de la science dans l’éducation à l’alimentation, du Programme national nutrition santé (PNNS) au débat sur le nutri-score.

Après la pause déjeuner, la première table ronde de l’après-midi a été consacrée aux « OGM, pesticides et substances cancérigènes : quand la science devient affaires » et animée par François Allard-Huver (CREM – Université de Lorraine). Gaëlle Le Dref (Université de Lorraine) a montré la mobilisation et l’usage des théories évolutionnistes dans les controverses sociotechniques sur les OGM agricoles. Laurence Huc (INRA) a partagé par la suite son expérience sur le difficile travail de classification d’un produit chimique comme substance cancérigène et les multiples acteurs qui cherchent à influer sur ce processus notamment pour des polluants industriels ou les pesticides. Ensuite, Fanny Domenec (Paris 2) a rappelé l’utilisation des arguments scientifiques et d’autres tactiques discursives dans la communication sur l’affaire Séralini, notamment dans les lettres aux éditeurs. Enfin, Nicolas Vanderbiest a conclu la table ronde en présentant une cartographie de l’activité sur twitter autour du glyphosate et les différents arguments mobilisés par les internautes actifs sur cette thématique.

La dernière table ronde de la journée, modérée par Arnaud Mercier était consacrée au : « point de vue des professionnels de la communication ». Pierre-Loïc Nihoul (Octavius) et Thibaut De Norre, (consultant indépendant) ont présenté différentes solutions pour accompagner la publication des travaux scientifiques dans les médias et renforcer la relation entre les chercheurs et les parties-prenantes. Dans une perspective similaire, Elizabeth Hirst (Université McGill) a rappelé quelques bonnes pratiques pour parler expertises et science avec le grand public et plus spécifiquement dans un contexte d’incertitude scientifique. Enfin, la journée s’est achevé avec une ouverture d’Emmanuel Bloch (Thales) sur la question de la RSE et de l’utilisation de la science dans des sujets sensibles par les grandes entreprises.

La conclusion générale a été assurée par Bernard Motulsky, François Allard-Huver et Arnaud Mercier qui ont tenu à remercier le public pour les échanges passionnants avec les intervenant.e.s tout comme les partenaires du séminaire pour leur soutien : le laboratoire Protagoras, la Chaire des relations publiques et communication marketing de l’UQAM, le CARISM, le think-tank La Fabrique Ecologique, la Revue Politique, la Fondation Nicolas Hulot, la Fondation Charles Leopold Mayer et l’agence Sidièse.

La synthèse à télécharger ici

[Séminaire J-14] Jean-Pascal van Ypersele – Conférencier invité

Jean-Pascal van Ypersele nous fera l’honneur d’ouvrir le séminaire L’argument scientifique dans les controverses par une conférence plénière sur « L’argument scientifique dans les controverses climatiques ».

Jean-Pascal van Ypersele

Professeur à l’UCLouvain (Belgium), Former IPCC Vice-Chair, Co-auteur du Global Sustainable Development Report 2019

Jean-Pascal van Ypersele (1957, Bruxelles), est titulaire d’un doctorat en physique du NCAR (National Center for Atmospheric Research, USA) et de l’UCLouvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) où il est professeur de climatologie et de sciences du développement durable. Il a publié de nombreux articles avec des spécialistes des sciences naturelles et sociales.

Il a participé activement aux travaux du GIEC depuis 1995, en a été le vice-président (2008-2015) et est candidat au poste de président en 2022. Il a également initié la démarche de communication du GIEC avec l’idée de l’ouvrir davantage aux attentes de l’opinion.

Il est membre de l’Académie royale de Belgique et du Conseil fédéral belge du développement durable. Il a participé à la plupart des conférences des Nations Unies sur le climat depuis 1979 et a été nommé par le Secrétaire général de l’ONU membre du groupe de scientifiques chargés du Rapport mondial sur le développement durable 2019, publié en septembre 2019.

Sur Twitter: @JPvanYpersele

Appel à communication – Usages des médias sociaux lors de controverses (IPSA 2020)

Un appel à communication d’intérêt pour les membres et sympathisants de l’ACCS.

(Version française ci-après.)

Call for proposals

Call for proposals – MS and Social Acceptability

International Political Science Association Lisbon (Portugal), July 2020
RC-22 – Political Communication

Digital Dissent: Uses of Social Media in Controversial Projects Raising Social Acceptability Issues

Chair: Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-Rivières
Discussant: Alessandro Nai, University of Amsterdam and Vincent Raynauld, Emerson College Boston

Over the past 15 years, digital media have redefined the repertories of political action and engagement. Formal political actors, companies, interest groups and citizens are now turning to digital platforms to inform, disseminate messages, mobilize and protest in the public space. These new political practices, facilitated by the Internet, seem particularly helpful in order to debate social acceptability issues. The notion of social acceptability has become essential when it comes to the development of projects with economic, social or environmental impacts; several controversial infrastructure or development projects (e. g. LNG ports or pipelines) have given rise to fierce political and social clashes in North America and Europe. However, we know very little about the intertwining of these new forms of engagement that social media allows when the social acceptability of projects is at stake. Are social media a vehicle for engagement and mobilization? Who are the actors that invest in these platforms and what are their objectives? How do social media strategies complement traditional protest repertories? What are the effects of such participation on the trajectory of controversies? The goal of this panel is to understand the uses of digital social media in controversies that raise social acceptability issues.

The contributions sought will be aimed at:

– Characterizing the use of digital social media in controversial contexts;
– Examining the place of these uses in the communication strategies put forward by the various actors involved in these controversies;
– Analyzing the supporting rhetoric deployed by actors on these digital social platforms, and comparing it to that put forward through traditional protest and participation repertoires;
– Characterizing the leadership that is exercised in these spaces;
– Studying the forms of dialogue between the different stakeholders in the debates made possible by the digital media.

Proposals with an empirical dimension will be preferred.

People interested to submit a proposal are invited to do so by October 10th, 2019, through the IPSA congress website: https://wc2020.ipsa.org/wc/submit-paper. The panel can be found in the RC22 – Political Communication.

International Political Science Association Lisbonne (Portugal), July 2020
RC-22 – Political Communication


Appel à propositions

Usage des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale

Chair : Mireille Lalancette, Université du Québec à Trois-Rivières
Discussant : Pierre Leroux, Université catholique de l’Ouest (Angers, Nantes, France)

Au cours des 15 dernières années, les médias socionumériques sont venus redéfinir les répertoires d’action et d’engagement politiques. Les acteurs politiques formels, les entreprises, les groupes d’intérêts et les citoyens se tournent maintenant vers les plateformes numériques pour s’informer, diffuser des messages, se mobiliser et protester dans l’espace public. Ces nouvelles pratiques politiques, facilitées par Internet, semblent particulièrement propices lors de débats touchant des enjeux d’acceptabilité sociale. Cette notion d’acceptabilité sociale est devenue incontournable lorsqu’il est question du développement de projets porteurs d’impacts économiques, sociaux ou environnementaux; plusieurs projets controversés d’infrastructures ou d’aménagement (ports méthaniers ou pipelines par exemple) ont notamment donné lieu à de vifs affrontements politiques et sociaux, en Amérique du Nord comme en Europe. Or, nous en savons très peu sur l’enchevêtrement de ces nouvelles formes d’engagement que permettent les médias sociaux lorsque l’acceptabilité sociale de projets est en jeu. En quoi les médias sociaux sont-ils un vecteur d’engagement et de mobilisation ? Qui sont les acteurs qui investissent ces plateformes et quels sont leurs objectifs ? En quoi les stratégies déployées sur les médias sociaux sont-elles complémentaires aux répertoires de protestation traditionnels ? Quels sont les effets d’une telle participation sur la trajectoire des controverses ? L’objectif de ce panel est ainsi de comprendre les usages des médias socionumériques lors de controverses soulevant des enjeux d’acceptabilité sociale.

Les contributions recherchées viserons à:

  • Caractériser l’usage des médias socionumériques dans des contextes de controverses ;
  • Examiner la place de ces usages dans les stratégies communicationnelles mises de l’avant par les divers acteurs concernés par ces controverses;
  • Analyser la rhétorique justificative déployée par les acteurs sur ces plateformes socionumériques, et la comparer à celle mise de l’avant par l’entremise des répertoires traditionnels de protestation/participation;
  • Caractériser le leadership qui s’exerce dans ces espaces;
  • Étudier les formes de dialogue entre les différents intervenants des débats rendus possibles par les médias socionumériques. Les propositions comportant une dimension empirique seront privilégiées. Les personnes intéressées à soumettre une proposition sont invitées à le faire via le site web du congrès, et ce, d’ici le 10 octobre 2019 : https://wc2020.ipsa.org/wc/submit-paper. Le panel peut être trouvé dans le RC22 – Political Communication.