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Agenda 2021 / Résumés du séminaire « Publicité et transition écologique »

Au non du bureau de l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible, nous vous présentons nos meilleurs voeux pour cette année 2021. Nous n’avons pas de doute que se présenteront toutefois pas mal de nouvelles controverses et de cas de communication sensible et que nous seront bien occupés.


L’année 2020 a connu un ralentissement bien normal de nos activités avec toutefois un moment fort, celui de notre séminaire annuel le 19 novembre dernier sur le thème « Publicité et transition écologique ».

Vous trouverez ici les résumés des interventions du séminaire : Publicité et transition écologique.

Nous mettrons prochainement en ligne les vidéos des interventions sur notre site.

Agenda 2021

Pour 2021, nous allons poursuivre dans l’immédiat nos conférences en visio sous un format plus léger, sans appel à contribution et sur invitation d’experts.

Parmi nos sujets en projet, nous allons organiser le 16 mars une conférence sur le thème « Communication et risque climatique » avec notamment Bernard Motulsky de l’ UQAM et Andrea Catellani de l’UCL.

Ainsi, Nous envisageons aussi une conférence visio sur le sujet des relations publiques, sans doute en mai 2021, notamment sous l’angle de ses spécificités professionnelles.

Nous sommes néanmoins attaché à l’organisation d’un séminaire annuel avec appel à communication. Nous avons acté le thème de notre prochain séminaire annuel, en octobre ou novembre. Il aura pour thème l’Astroturfing. Nous rédigerons le mois prochain notre appel à contribution.

A bientôt et au plaisir de vous retrouver lors d’un évènement de l’ACCS.

Amicalement

Le bureau de l’ACCS,

Thierry Libaert, Bernard Motulsky & François Allard-Huver

[Partenaire] Les pratiques d’influence aux XXe et XXIe siècles

Une annonce de notre partenaire le Répine.

Le Réseau d’Etude des Pratiques d’Influence (Répine) est né avec l’objectif de mettre en discussion un certain nombre de recherches qui portent sur les différents domaines de l’influence.  Cette année, Répine organise un séminaire à l’EHESS avec une série d’invitées et d’invités sur des sujets tout aussi actuels que l’économie de l’attention et l’économie comportementale, les relations publiques et la publicité, les influenceurs et les réseaux sociaux, etc.

Les pratiques d’influence aux XXe et XXIe siècles

Le domaine des pratiques d’influence est proliférant (publicité, propagande, marketing, relations publiques, communication, psychologie sociale, algorithmique appliquée…). Il importe de saisir non seulement sa portée, mais son extension, ses dynamiques, ses pratiques, ses logiques, ses techniques. Où et sur qui s’exercent ces pratiques ? Quelles sont leurs histoires ? Qui sont leurs praticiens ? Quels sont leurs fronts pionniers ? Pourquoi importe-t-il de les considérer tout autant chacune dans leur spécificité qu’ensemble ? Quelle est la contribution des pratiques d’influence à la production de la valeur (économique et politique) ? Du point de vue du présent tout comme de l’histoire de longue durée, le gouvernement par l’influence (une forme de la gouvernementalité) n’est-il pas une dimension majeure de la bascule néolibérale que le monde connaît aujourd’hui ?

Ce séminaire est organisé par Répine (Réseau d’étude des pratiques d’influence), réseau international et multidisciplinaire comme son objet l’impose, en particulier par Piergiorgio Bruno, Yves Cohen, Hugo Souza de Cursi, Valérie Durieu, Camille Lavoipierre, Marco Santana, Anna Shapovalova et Francesca Martinez Tagliavia, (https://enseignements.ehess.fr/2020-2021/ue/752).

Programme 

1er décembre 2020 : La notion de pratiques d’influence : débats

5 janvier 2021 : Influenceur·se·s et réseaux sociaux

  • Brooke Erin Duffy (Cornell University)
  • Participation d’un·e influenceur·se (détails à venir) 

2 février 2021 : Économie comportementale et politiques publiques  

  • Olivier Pilmis (CNRS/Sciences Po)
  • Henri Bergeron (CNRS/Sciences Po)

2 mars 2021 : Marchands de doutes, marchands d’attention  

  • Naomi Oreskes (Harvard University)
  • Mathias Girel (École normale supérieure, PSL)

6 avril 2021 : Relations publiques et démocratie        

  • Scott Anthony (Nanyang Technological University, Singapore)
  • David Ellwood (Johns Hopkins University, SAIS, Bologna Institute)

4 mai 2021 : L’influence des algorithmes        

  • Antonio Casilli (Telecom Paris-Institut Polytechnique de Paris/EHESS)
  • Second participant à confirmer

1er juin 2021 : Faire une histoire de la manipulation  

  • David Colon (Sciences Po)
  • André Gunthert (EHESS)

Le séminaire se déroule les premiers mardis du mois de 16 à 19 h (il pourra avoir exceptionnellement pour horaire 15 à 18 h, ce qui figurera sur le site et sera indiqué aux inscrit.e.s). 

Lieu : Salle A04_47, 54 bd Raspail 75006 Paris et à distance (séminaire au format hybride).

En raison de la situation sanitaire, vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire ni recevoir les liens de connexion sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant au plus tard 72 heures avant le début de la première séance : http://listsem.ehess.fr/courses/752/requests/new

Sur l’impact environnemental de la publicité numérique à l’heure du « programmatique ».

L’actualité est riche de questionnements autour de l’impact environnemental de la publicité. Les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat et les textes de loi en préparation ont notamment mis en lumière certains des effets par lesquels l’activité publicitaire contribue à aggraver le changement climatique. Ces effets peuvent être indirects, par la manière dont la publicité encourage les comportements de surconsommation ou stimule la vente de produits peu écologiques. Ces effets peuvent également être directs, par la manière dont les supports publicitaires sont consommateurs d’énergie et de ressources rares. Les panneaux d’affichage extérieur numériques (Digital Out Of Home) sont ainsi le plus souvent visés, de par leur conception et leur expansion, mais ne sont pas seuls dans leur catégorie. Cet article analyse la manière dont la publicité numérique, de par ses caractéristiques technico-économiques, est particulièrement consommatrice d’énergie et de ressources.

La publicité numérique renvoie, de manière générale, à la diffusion de contenus publicitaires sur des supports numériques et connectés. Ces supports occupent une place croissante dans le paysage publicitaire. Depuis 5 ans, la publicité sur Internet est devenue le premier support en termes de recettes et génère une part considérable de la croissance du marché publicitaire. Les médias traditionnels eux-mêmes tendent à tirer une part croissante de leur revenus publicitaires de leurs espaces numériques (e.g. panneaux d’affichage numériques, sites web et applications des éditeurs média)[1]. En dépit d’une conjoncture économique particulièrement difficile, cette tendance devrait se poursuivre en 2021[2]. La publicité en ligne est devenue, en 25 ans, un support incontournable pour les annonceurs. Le numérique offre effectivement des possibilités démultipliées par rapport aux médias hors-ligne et notamment :

  • Une abondance et une diversité d’espaces disponibles (e.g. liens sponsorisés, bannières, vidéos, contenus natifs), à la différence des supports traditionnels limités physiquement ou légalement ;
  • Une automatisation quasi-complète de la chaîne de valeur, tirant profit du très haut débit et de l’accroissement des capacités de calcul, permettant ainsi l’optimisation des processus d’achat/vente et de l’adressage, via le recours au ciblage des consommateurs ;
  • Une extension des possibilités de mesure de l’activité publicitaire, à travers l’utilisation de traceurs tels que les cookies, permettant des mesures fines et multiples de l’audience centrées sur les sites ou leurs utilisateurs, mais aussi de l’efficacité des publicités.

La publicité numérique offre ainsi aux annonceurs et à leurs prestataires des capacités étendues d’optimisation des budgets publicitaires et d’automatisation des processus d’achat média et d’adressage. Ces capacités s’incarnent particulièrement dans la publicité dite « programmatique » qui opère, de façon automatisée et à travers des mécanismes d’enchère en temps réel (real-time bidding) l’affichage de publicités  ciblées à la maille individuelle (microtargeting). Ce mode de transaction concerne une très large majorité des achats publicitaires sur Internet[3] et tend à se développer sur l’ensemble des supports numériques, y compris ceux des médias traditionnels. Par ce biais, l’achat publicitaire ne se focalise plus sur des contextes éditoriaux, mais vise principalement à atteindre des audiences bien précises. La publicité « programmatique » peut être perçue comme l’aboutissement d’un processus en cours depuis la seconde moitié du 20ème siècle où la mobilisation des moyens informatiques avait permis de faire des audiences l’objet de la transaction marchande (commodification)[4].

Par ailleurs, l’un des effets du « programmatique » est d’avoir considérablement augmenté et complexifié la chaîne de valeur industrielle de la publicitaire. Entre l’annonceur, ses prestataires et les éditeurs médias, une importante cohorte d’intermédiaires techniques réalise de nombreuses opérations techniques en quelques millièmes de secondes. Entre le moment où un internaute ouvre une page web et où celle-ci s’affiche, son profil a été reconnu ou qualifié suivant des critères définis à l’avance (e.g. profil sociodémographique, préférences, intentions d’achat) et attribué aux enchères à un acheteur qui opère pour le compte d’un annonceur. Du côté des acheteurs comme des vendeurs, le raffinement technique permet une comparaison systématique entre les offres afin d’optimiser tant le prix d’achat que le prix de vente, entre de très nombreux candidats potentiels. Une fois l’attribution réalisée, des processus de personnalisation permettent de présenter une publicité micro-ciblée dont l’efficacité est ensuite mesurée et analysée (e.g. taux de clic, durée de visionnage de la vidéo, taux de visite ultérieure sur le site de l’annonceur). Le déroulement est  relativement similaire pour ce qui concerne la publicité sur les réseaux sociaux, à la différence que ces opérations sont internalisées chez un unique éditeur (e.g. Facebook).

Ces processus multiples font dialoguer une quantité importante d’opérateurs présents à différents endroits du globe, accentuant ainsi la consommation énergétique sur trois postes principaux : le terminal de l’utilisateur final, les serveurs des opérateurs impliqués et le réseau Internet. Une étude relativement récente avait estimé la consommation énergétique totale de la publicité en ligne en 2016 à 106 TWh pour des émissions de carbone estimées à 60 Mt CO2e[5]. La croissance du volume d’opérations, à travers le raffinement des possibilités offertes en termes d’optimisation, de ciblage, de mesure et de personnalisation, ainsi que la généralisation progressive de ce mode de vente à l’ensemble des supports numériques peut faire présager une croissance de la consommation énergétique de la publicité numérique, sans compter l’ensemble des ressources rares consommées sur l’ensemble du cycle de vie des objets mobilisés tout au long de la chaîne de valeur. L’impact direct de la publicité en ligne sur l’environnement n’est donc pas négligeable et devrait croître dans les années à venir, avec l’extension des méthodes du « programmatique » à l’ensemble des supports numériques. Si les mesures de cet impact demeurent rares, il convient d’ores et déjà de s’interroger sur les moyens mis en œuvre pour le réduire, en cohérence avec les efforts collectivement déployés pour réduire l’empreinte des activités économiques sur l’environnement.

Le secteur de la publicité, de plus en plus ouvert au dialogue sur le sujet de l’environnement[6], sera progressivement confronté aux effets négatifs issus des modes transactionnels propre aux supports numériques. La promotion et l’extension de la publicité « programmatique » va de pair avec une augmentation des flux, des opérations et la mobilisation croissante d’intermédiaires techniques, dans un contexte où les médias traditionnels entament la transition numérique de leur offre publicitaire. Le raffinement du ciblage, l’enrichissement des profils d’utilisateurs par leur reconnaissance croisée sur plusieurs terminaux, ainsi que l’amélioration constante de la mesure de l’efficacité constituent autant de promesses que la publicité numérique adresse aux annonceurs. L’idée d’une réduction des volumes publicitaires ou d’une simplification de l’architecture technique et marchande ne semble pas aller dans le sens de l’histoire. Pour autant, les critiques portées contre l’impact environnemental des activités numériques – à l’égard du streaming vidéo, par exemple – se font de plus en plus ardentes. Les acteurs de la publicité à la recherche d’une meilleure acceptabilité sociale et environnementale devraient affronter ce sujet afin d’éviter de se voir confrontés, à terme, à une dure réalité : un contenu publicitaire n’est jamais sollicité par le consommateur, il n’est donc pas perçu comme indispensable.

Théophile Megali, docteur en sciences de gestion et chercheur associé à la Chaire Gouvernance et Régulation (U. Paris-Dauphine – PSL). Contact : theophile.megali[at]dauphine.eu. 


[1] IREP, France Pub & Kantar Media, Baromètre Unifié du Marché Publicitaire (BUMP) 2019.

[2] Magna / IPG Mediabrands prévoit notamment une hausse de 8% des investissements en publicité numérique en France en 2021. Source : “Marché publicitaire : selon les dernières tendances d’IPG Mediabrands, la France sera l’un des pays les plus touchés au monde par la crise avec un recul des investissements de 13 %”, La Correspondance de la Publicité, 16.06.2020.

[3] En 2019, 78% des achats publicitaires de bannières sur sites (display classique) et réseaux sociaux (social display) étaient réalisés en «programmatique». Source : SRI, UDECAM, Oliver Wyman, 23ème observatoire de l’e-pub, 2020.

[4] McGuigan, Lee. « Automating the audience commodity: The unacknowledged ancestry of programmatic advertising. » New Media & Society 21.11-12 (2019): 2366-2385.

[5] A titre de comparaison, ce chiffre en TWh correspond à environ 1,5 fois la consommation brute annuelle d’électricité en Ile-de-France en 2019 (calcul d’après le bilan électrique annuel de RTE). Source : Pärssinen, Matti, et al. « Environmental impact assessment of online advertising. » Environmental Impact Assessment Review 73 (2018): 177-200.

[6] Florence Roussel, « Inquiets de leur sort, les acteurs de la pub veulent devenir le ‘bras armé de la transition’ », actu-environnement.com, 06.10.2020.

[J-7] Séminaire ACCS – Publicité et transition écologique – 19 novembre – En ligne

Quel rôle pour la publicité dans la transition écologique ?

L’Académie des controverses et de la communication sensible organise son deuxième séminaire autour du rôle que la publicité peut ou doit jouer dans le processus de transition écologique pour s’adapter aux changements climatiques et aux défis de l’avenir. Depuis quelques mois, le sujet du rôle de la publicité dans ses implications avec les enjeux de la transition écologique a explosé dans l’espace public (Rapport Libaert/Guibert, Proposition de loi EDS, Rapport Big Corpo, Propositions de la Convention citoyenne sur le climat, états généraux de la publicité, retrait des ONG environnementale de la régulation publicitaire…). Le séminaire a pour but de faire le point dans une optique académique sur ces questions.

En partenariat avec La Fondation Nicolas Hulot, le Earth & Life Institute, le Groupe de recherche « Communication, environnement, science et société » de la Société française des Sciences de l’information et de la Communication et l’agence Sidièse.

Jeudi 19 novembre 2020 17h00 à 19h30 (heure de Paris) – En ligne – Inscription obligatoire via Eventbrite : ici

#accs #transition #publicité

Contacts

Thierry Libaert, Président ACCS, thierry.libaert@uclouvain.be

Bernard Motulsky, Vice-président ACCS motulsky.bernard@uqam.ca

François Allard-Huver, Secrétaire général ACCS francois.allard-huver@univ-lorraine.fr

[Partenaire ACCS] Groupe d’étude et de recherche – « Communication, environnement, science et société »

Créé et labellisé le 22 novembre 2018 par la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (SFSIC), le groupe d’études et de recherche « Communication, environnement, science et société » (CESS) est un réseau de recherche international, qui regroupe à ce jour plus d’une quarantaine de chercheurs francophones en communication environnementale.

Il a pour vocation de formaliser et d’institutionnaliser un lieu de rencontres et de recherches dans le champ de la communication environnementale, définie par l’association internationale des chercheurs en communication environnementale (IECA) comme incluant « toutes les diverses formes de communication interpersonnelle, de groupe, publique, organisationnelle et médiatisée qui constituent le débat social sur les problèmes et enjeux environnementaux et notre relation avec le reste de la nature ». La dénomination plus large « Environnement, Science et Société » souligne « l’encastrement » profond de la communication environnementale dans la société et ses liens avec le domaine scientifique.

Les controverses, tensions et polémiques liées aux enjeux de la nature et de l’environnement sont évidemment au centre de l’intérêt du GER.

Ce collectif de chercheurs a vocation à construire des compétences et des savoirs utiles à la « transition écologique » devenue indispensable à l’ère de l’anthropocène. Le GER souhaite offrir un espace ouvert de dialogue scientifique, sociétal et professionnel qui permette de monter en puissance concernant ces thématiques toujours plus prégnantes dans la société, et faciliter les échanges entre chercheurs.

Le périmètre thématique du groupe inclut les différents aspects communicationnels des notions liées aux préoccupations environnementales : l’écologie, le développement durable, la transition écologique, le risque, le discours scientifique et de vulgarisation, la communication scientifique voire muséale, la mobilisation, les crises, les discours et activités communicationnelles des acteurs publics et privés, marchands et non marchands, au niveau local, national et international, en utilisant tout type de technologie, support et dispositif. Toutes les approches et méthodologies de recherche en SIC peuvent être mobilisées.

Pour plus d’information, le carnet du GER : https://comenvironnement.hypotheses.org/ & le groupe Facebook : https://www.facebook.com/groups/570749766875311/

Publicité et transition écologique – Programme et lien d’inscription

Académie des Controverses et de la Communication Sensible.

Jeudi 19 novembre 2020 – En ligneInscription obligatoire via Eventbrite : ici

Programme du séminaire

17 h 00 – Ouverture. Présentation du séminaire – Thierry Libaert. Président de l’ACCS

17 h 10 – Animation – François Allard-Huver. Secrétaire Général ACCS. MCF Université de Lorraine.

17 h 15 – Publicité, le modèle de communication des entreprises en question. – Jean-Marie Charpentier. Consultant en communication. Administrateur de l’Association Française de Communication Interne.

17 h 35 – Publicité et transition écologique en Afrique – Karine Johannes. Enseignante Institut panafricain d’enseignement et de recherche sur les médias, l’information et la communication.

17 h 55 – L’argumentaire des annonceurs confrontés à une accusation de greenwashing – Mathieu Jahnich, chercheur indépendant, rattaché aux laboratoires LouRIM et LIMEEP-PS.

18 h 15 – Pub et déchets : la promotion enthousiaste de l’obsolescence par les publicitaires. Jeanne Guien, chercheuse indépendante, rattachée aux laboratoires du LISRA et du CETCOPRA.

18 h 35  – Un témoignage professionnel – La Publicité extérieure. Albert Asseraf. Enseignant à Dauphine Université Paris – Directeur Général Stratégie et Nouveaux Usages JCDecaux.

18 h 55 – Questions et débat

19 h 20 – Conclusion – Bernard Motulsky. Vice-Président ACCS. Professeur Université du Québec à Montréal.

19 h 30 – Fin du séminaire

Inscription obligatoire via Eventbrite : ici

La transition écologique remet en question le modèle publicitaire

Article paru dans l’édition du 25 août 2020 du journal Le Monde que vous pouvez consulter en cliquant ici

Thierry Libaert

Si elle opère sa révolution, la publicité peut constituer, de par son poids sur les imaginaires, un levier majeur dans la lutte contre le dérèglement climatique, estime l’universitaire.

Tout, ou presque, aura été essayé en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Des mécanismes de financement innovants ont été créés, des innovations technologiques ont été encouragées, de nouveaux circuits basés sur l’économie circulaire ont été mis en place. Tous les leviers semblent avoir été actionnés. Tout sauf sans doute le plus important : celui qui prend racine dans notre cerveau, notre imaginaire.

Lors de la dernière session de la convention citoyenne pour le climat, en octobre 2019, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, saisie d’une question relative aux priorités d’action en matière de lutte contre le dérèglement climatique, évoquait la question publicitaire en secteur prioritaire. Les préconisations de la convention, présentées le 21 juin 2020, firent l’effet d’une bombe dans le milieu publicitaire, habitué aux critiques de greenwashing et à quelques actions contre les panneaux publicitaires.

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Appel à Communications – Publicité et transition écologique – Séminaire ACCS

Texte de l’appel : ACCS Publicité et transition écologique.

  • Appel à communication

La critique publicitaire est née au milieu du 19ème siècle, peu de temps après l’apparition des premières annonces dans la presse (1836). Elle s’est progressivement transformée et l’on peut aujourd’hui délimiter trois périodes majeures.

D’abord une critique portant sur « l’abêtissement » publicitaire, celle-ci était essentiellement relayée par des écrivains comme Paul Valéry, René Etiemble ou Georges Duhamel et visait le langage de la publicité.

La critique a ensuite évolué pour se focaliser sur l’intrusion publicitaire. Il s’agit, en premier lieu, de dénoncer la présence jugée excessive des panneaux publicitaires dans les paysages et l’espace public puis, dans un second temps, de critiquer l’explosion du digital et des publicités numériques.

Enfin, au début des années 2010, une nouvelle critique émerge et porte essentiellement sur les aspects de transition écologique. La question principale vise le décalage apparu entre une nécessaire sobriété en matière de consommation et un modèle publicitaire dont l’objectif est de vendre toujours plus.

Depuis quelques mois, la question des rapports entre publicité et transition écologique est au cœur de l’actualité et de l’attention médiatique. Au mois de juin 2020, un collectif de vingt-cinq ONG a publié un rapport « Big Corpo » suivi d’un nouveau rapport émanant notamment de Greenpeace et réclamant une « Loi Évin pour le Climat ». Un rapport proposant une vingtaine de mesures sur les liens entre publicité et environnement a été remis au ministère de la Transition Écologique et Solidaire. Tout dernièrement, la Convention citoyenne pour le Climat a recommandé l’interdiction de la publicité des produits les plus polluants et demandé l’apposition d’une mention destinée à lutter contre la surconsommation « En avez-vous vraiment besoin ? »

La publicité se retrouve dans une situation inédite et cherche à valoriser son rôle économique et social ainsi que ses initiatives. Le débat devrait se poursuivre avec le dépôt d’une proposition de loi à l’Assemblée Nationale et la mise en place des États Généraux de la Publicité pilotés par la filière communication.

Si des sujets comme le greenwashing ont pu être abordés par les sciences de l’information et de la communication, la question des rapports entre publicité et transition écologique a été peu étudiée dans le monde académique. C’est pourquoi l’Académie des Controverses et de la Communication Sensible souhaite organiser un séminaire le jeudi 19 novembre, de 17 à 19 heures.

Ce séminaire est organisé en partenariat avec la chaire de Relations Publiques et Communication Marketing de l’Université du Québec à Montréal, le Groupe d’étude et de recherche « Communication, Environnement, Science et Société » de la SFSIC, l’Earth and Life Institute et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme.

Selon l’évolution de la situation pandémique celui-ci se déroulera soit en présentiel, soit sous forme de webinaire.

  • Propositions d’axes de travail (non limitatif)
  • Les interactions entre les acteurs impliqués ;
  • Les formes de la remise en cause actuelle ;
  • L’analyse des messages publicitaires ;
  • La régulation publicitaire ;
  • La place du numérique ;
  • L’incidence écologique des supports publicitaires ;
  • L’intégration des démarches de publicité responsable dans la RSE des entreprises ;
  • Etc.
  • Modalités de soumission

Les chercheurs intéressés pour proposer une contribution (15 minutes) sont invités à nous adresser une proposition avant le lundi 14 septembre. Les propositions de communication devront être adressées simultanément aux trois contacts ci-dessous.

Format attendu : 1 000 ou 1 500 signes, en incluant la bibliographie, 5 mots clés.

Les interventions feront ensuite l’objet d’une publication sous forme d’actes du séminaire.

Contacts :      François Allard – francois.allard-huver@univ-lorraine.fr

Thierry Libaert – thierry.libaert@uclouvain.be

Bernard Motulsky – motulsky.bernard@uqam.ca

REPORT – Colloque « Contentious Science, Sticky Politics » – Automne 2021

En raison de la crise du COVID 19, le Colloque « Contentious Science, Sticky Politics » organisé par l’Université Bordeaux Montaigne a été reporté à l’automne 2021.

L’ACCS est partenaire de ce colloque et vous invite à envoyer vos propositions (en français ou en anglais).

Plus d’information sur le site de la conférence : https://sciencepolitics.sciencesconf.org/

Le texte de l’appel en pdf ci-joint.

Contentious Science, Tricky Politics:  Experts and Scientists in Controversial Policy Debates in Europe and North America 

Website and submissions:https://sciencepolitics.sciencesconf.org

Decision-makers—and those who pressure them—confront technical, ethical, and political uncertainty when navigating controversial issues. They often seek information they hope will provide guidance or authority. But what kinds of knowledge influence them to make a decision about questions whose very nature is a source of disagreement? Despite their classification as either primarily technical or purely moral, some social problems—especially those about the meaning, impact, or survival of human life—require policymakers to negotiate contested scientific and ethical terrain. Centering this question, this conference examines how and why “experts,” broadly defined, as well as activists and policymakers interact and influence each other as they work to address contested, high-stakes issues in Europe and North America. 

It invites scholars who analyze policymaking across domains and issues in which decision-makers negotiate contested scientific and ethical terrain. Examples include but are not limited to climate change, vaccine hesitancy, gene editing, sexuality and gender-based rights claims, data surveillance, social justice and human rights, as well as fiscal policy. In dealing with these issues, proponents and opponents work to create coalitions with their allies across academic, activist, and political fields to advance their cause, potentially influencing one another and shaping work in adjacent and overlapping fields. 

The relationships between experts, policymakers, and activists are important because their consequences can impact political decisions, such as the enacting of carbon emission restrictions or the legalization of same-sex adoption. They also shape how the public and policymakers perceive, say, the threat of climate change, the safety of vaccines, or the necessity to treat minority families equally. Current research tends to analyze some issues, such as climate change, from the angle of “politicized science” (McCright and Dunlap, 2011) and to analyze others, including the rights of gender and sexual minorities, from the angle of “morality politics” (Engeli et al., 2012). This conference seeks to start a conversation that aims to overcome that theoretical divide. By analyzing the interactions between experts, activists, and policymakers across a range of issues, it strives to bring to light the ways in which scientific and moral considerations may undergird all of them. 

Social scientists have identified how previously ignored phenomena become urgent social problems that draw the critical scrutiny of media, policymakers, and the public (Tilly and Tarrow, 2007). Across a wide range of issues, from sexual harassment to autism (Eyal, 2013; Zippel, 2006), activists create coalitions with political and academic elites to transform things that once seemed normal into problems deserving political attention. We know that once an issue is identified, advocates on either side continue to work with experts to produce information to convince policymakers (Stone, 2011). Scientific information can be especially effective—particularly in courts—because it can withstand critical scrutiny and projects legitimacy (Jasanoff, 2009). For this reason, social movements invest in academic allies (Armstrong and Bernstein, 2008). For example, in the case of climate change, environmentalists have relied on climatologists to provide them with data they can use to push for restrictions on carbon emissions in Europe and the United States (Dilling and Lemos, 2011). Similarly, LGBT activists have relied on psychologists to provide research about same-sex couples and their children in order to gain legal recognition for their relationships (Mezey, 2009). This “triangular” relationship (Paternotte and Kollman, 2013) between activists, experts, and policymakers creates “epistemic communities” (Smirnova and Yachin, 2015) among people with the same political or intellectual outlook. Thus, for instance, climatologists and environmentalists in favor of carbon restrictions must compete against scientists and their political allies who deny that humans cause climate change. These triangles remain under-analyzed because scholarship may overlook how moral and technical problems both involve the interplay of science and politics. By comparing across issues, this conference seeks to move beyond that limitation. 

New research indicates that these epistemic communities’ capacity to push their agendas depends on the power they wield within academic and political fields. Some have suggested that if experts dominate their professional or academic fields, they can share their status with their political and social movement allies (Fligstein and McAdam, 2012). Specifically, decision-makers may be more likely to believe experts whose claims represent the current consensus within their discipline. Revealing the significance of this effect, recent scholarship suggests that activists specifically try to influence the production of scientific knowledge so that they can claim that research supports their goals (Jasanoff, 2004). This conference contributes to this growing body of work by inviting papers that study academic-activist “feedback loops,” as well as networks of people and ideas, and the ways they constrain and enable policymaking and knowledge production on controversial issues.

In addition, the influence of well-financed NGOs and think tanks (Béland and Cox, 2010) allows epistemic communities to pool their resources despite marginalization they may face (Stambolis-Ruhstorfer 2020). Indeed, perhaps because of such resources, although climate change doubters are a minority in the academic sphere, they continue to have a strong voice in public debates (Dunlap and Jacques, 2013). Yet, these organizations, and the “triangular” relationships they help organize, confront policymaking venues with different rules about the role of expertise, such as courts and legislatures, which vary according to national and transnational politic contexts. This conference encourages papers that bring the insights about the role of these “institutional logics” (Thornton et al., 2012) in policymaking processes in different Europe and North American cases whose institutional configurations allow for fruitful comparisons (Beyers and Braun, 2014; Ruzza, 2004; Woll, 2006).

This conference invites paper proposal from fields across the humanities and social sciences that examine the intersection between knowledge and contentious politics within local or national contexts in North America, Europe, and/or supranational policymaking institutions, such as the E.U. or the United Nations. Comparative work that includes one of these contexts is especially encouraged. Both theoretical and empirical work is welcome as well as that which addresses historical periods from the 18th century to today.  

These proposals may fit within, but are not limited to, one or more of the following themes:

  • Interactions and/or networks among and across activists, scientists, and policymakers on debates related to controversial issues (ex. climate change, vaccine hesitancy, gene editing, data surveillance, artificial intelligence, sexuality and gender-based rights claims, social justice and human rights, fiscal policy, etc.).
  • The work of knowledge producers, such as scientists, who defend heterodox positions within their fields that impacts political debates
  • Funding of research for controversial political debates  
  • Cross-national connections between scientists, activists, policymakers 
  • Theoretical and empirical work connecting politicized science and morality politics
  • Dynamics between opposing scientific epistemic communities engaged in policy debates
  • Steps scientists, journals, organizations and other knowledge producers take to “translate” their work and make it audible and understandable to decision-makers and the broader public. What media do they chose to use and why? What impact do these choices have on how people interact with and understand their work?

Submission procedures and calendar:

Paper proposals should be submitted in English or French (max 500 words, excluding bibliography). They should explain their main contribution, methodology and data (where appropriate), and findings. Include a two-line biographical statement and keywords. Please note, the conference will be held in English with French interpretation. Submit on the conference website (account creation required): https://sciencepolitics.sciencesconf.org

Proposals due May 15, 2020. Results will be communicated by mid-July 2020. 

The conference will take place on Wednesday 2, Thursday 3 and Friday 4 December 2020 in Bordeaux. 

Program Committee (Organizers):

Michael Stambolis-Ruhstorfer, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Marie Coris, Université de Bordeaux / GREThA

Nicolas Labarre, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Stéphanie Bonnefille, Université Bordeaux Montaigne / CLIMAS

Conference Proposal Reviewers (Scientific Committee):

François Allard-Huver, (Information and Communication Studies) Univ. de Lorraine

William Berthomière, (Geography) CNRS/PASSAGES

Mathilde Bertrand, (History) Université Bordeaux Montaigne

Stéphanie Bonnefille, (Linguistics) Université Bordeaux Montaigne

Cédric Brun, (Philosophy) Université Bordeaux Montaigne

Rosalind Cavanagh (Political Science), Glawgow Caledonian University

Béatrice Collignon, (Geography) Université Bordeaux Montaigne

Pauline Cullen, (Sociology) Maynooth University

Pauline  Delage, (Sociology) CNRS/Cresspa

Martine Gross, (Sociology) CNRS/Césor EHESS

Nicole Iturriaga, (Sociology) Max Planck Institute

Nicolas Labarre, (Media Studies) Université Bordeaux Montaigne

Guillaume Marche, (Political Science) Université Paris Est Créteil

Jennifer Merchant, (Political Science and Law) Université Paris 2

Aaron Panofsky, (Sociology and Science Studies) UCLA

Koen Slootmaeckers, (Political Science) City, University of London

Michael Stambolis-Ruhstorfer, (Sociology) Université Bordeaux Montaigne

Valkovičová Veronika, (International Studies) Inst. for Labour & Family Rsrch., Bratislava

Stefan Vogler (Sociology), Northwestern University

Stéphanie Yates (Information and Communication Studies),Université du Québec à Montréal

Sponsors and Partners:

Universities:

Université de Bordeaux

Université Bordeaux Montaigne

University research groups:

CHANGES (Social science of contemporary changes)

GREThA (Research Group on Theoretical and Applied Economics)

PASSAGES (Geography, Environment)

SPH (Science, Philosophy, Humanities)

CLIMAS (Culture and languages of the Anglophone World)

Research institutes:

Institut des Amériques

Académie des Controverses et de la Communication Sensible

National/Regional sponsors:

IdEx Bordeaux

Works Cited:

  • Armstrong, E.A., Bernstein, M., 2008. Culture, Power, and Institutions: A Multi-Institutional Politics Approach to Social Movements. Sociological Theory 26, 74–99.
  • Béland, D., Cox, R.H. (Eds.), 2010. Ideas and Politics in Social Science Research. Oxford University Press, Oxford, UK.
  • Beyers, J., Braun, C., 2014. Ties that count : explaining interest group access to policymakers. Journal of public policy 34, 93–121.
  • Dilling, L., Lemos, M.C., 2011. Creating usable science: Opportunities and constraints for climate knowledge use and their implications for science policy. Global Environmental Change, Special Issue on The Politics and Policy of Carbon Capture and Storage 21, 680–689.
  • Dunlap, R.E., Jacques, P.J., 2013. Climate Change Denial Books and Conservative Think Tanks: Exploring the Connection. American Behavioral Scientist 57, 699–731.
  • Engeli, I., Green-Pedersen, C., Thorup Larsen, L. (Eds.), 2012. Morality Politics in Western Europe. Palgrave Macmillan, London.
  • Eyal, G., 2013. For a Sociology of Expertise: The Social Origins of the Autism Epidemic. American Journal of Sociology 118, 863–907.
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  • Jasanoff, S., 2009. Science at the Bar: Law, Science, and Technology in America. Harvard University Press, Cambridge, MA.
  • Jasanoff, S. (Ed.), 2004. States of Knowledge: The Co-Production of Science and the Social Order. Routledge, New York.
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  • Stambolis-Ruhstorfer, M. 2020. Producing expert capital: how opposing same-sex marriage experts dominate fields in the United States and France. Social Movement Studies 19, 38-62.
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  • Thornton, P.H., Ocasio, W., Lounsbury, M., 2012. The Institutional Logics Perspective: A New Approach to Culture, Structure, and Process. Oxford University Press, Oxford, UK.
  • Tilly, C., Tarrow, S.G., 2007. Contentious politics. Paradigm Publishers, Boulder, CO.
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La publicité est-elle soluble dans le climat ?

Par Thierry Libaert

La critique publicitaire est presque aussi ancienne que la naissance de la publicité au milieu du 19ème siècle. Tout lui fut reproché, d’abêtir les individus, de manipuler les esprits, de polluer les paysages. Plus récemment avec la généralisation du numérique, la critique se focalisa sur son caractère intrusif. Désormais, les professionnels de la publicité doivent affronter de nouvelles attaques, leur métier irait à l’encontre des objectifs de lutte contre le dérèglement climatique.

Le déclic est apparu avec « l’affaire C-Discount » au début de l’année 2018. Parue au moment des soldes, cette publicité fit l’objet d’une plainte par l’ADEME mais le jury de déontologie de la publicité, l’une des trois instances de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) la jugea infondée. Le débat rebondit fin 2019 avec la loi anti-gaspillage et économie circulaire qui fit l’objet d’un très grand nombre d’amendements. Leurs auteurs arguaient que, si la publicité avait pour rôle de promouvoir la consommation, elle ne saurait inciter à la surconsommation. On conviendra que la frontière est étroite et fortement subjective.

La Convention Citoyenne sur le Climat qui a terminé ses travaux le 21 juin s’est prononcé de manière très radicale, notamment par l’obligation qui serait faite dans les publicités d’inclure la mention « En avez-vous vraiment besoin ? ». Il est en sorte demandé à la publicité d’inciter à l’achat de produits et, en même temps, d’en dissuader l’acquisition.

La critique est donc forte : interdiction de publicités portant sur des produits à empreinte carbone élevée, alourdissement des mentions légales, suppression de la publicité extérieure dans l’espace public et des imprimés dans les boîtes aux lettres, remplacement de l’autorité de régulation actuelle par une autorité administrative dotée d’importants pouvoirs de sanctions.

Mardi 9 juin fut publié un important rapport « Big Corpo. Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique ». Rédigé par un collectif de 25 associations dont Résistance à l’Agression Publicitaire, ce rapport énumère de manière précise toutes les critiques contre la sphère publicitaire, et l’ensemble des arguments est souvent rigoureusement documenté. Une semaine plus tard, c’est un nouveau collectif associatif mené par Greenpeace qui propose une « Loi Evin pour le Climat ».

C’est dans ce contexte que j’ai remis jeudi 11 juin un rapport à Madame Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la transition écologique et solidaire. L’objectif était de délimiter des points de progrès permettant à la publicité d’être davantage en phase avec les grands enjeux environnementaux, notamment climatiques. Ce rapport qui contient une vingtaine de propositions a été rédigé avec Géraud Guibert, Conseiller maître à la Cour des Comptes, à qui j’avais proposé de joindre à moi pour ce travail.

J’ai constaté qu’un grand nombre de publicitaires n’ont pas réellement conscience de leur responsabilité. Selon eux, la publicité n’est que le reflet de son époque et évoluera avec elle, elle n’est qu’un outil au service des annonceurs et il faudrait éviter d’en faire le bouc émissaire de tous les maux de notre système économique.

Mais, en parallèle, la plupart des grandes associations de communication comme l’Union des Marques, notamment avec le programme FAIRe, ou l’AACC avec le label RSE et les dispositifs de formation, des organisations comme Entreprises pour l’Environnement autour du projet d’Alliance pour la publicité, l’ARPP elle-même avec la nouvelle recommandation développement durable publiée le 29 avril 2020, toutes ces structures témoignent d’une prise de conscience et d’une volonté d’engagement.

Pour la suite, la balle est entre les mains des pouvoirs publics. Ceux-ci doivent étudier les recommandations de notre rapport et préparer les réponses aux propositions de la Convention citoyenne.  Il est étonnant qu’alors qu’explosent toutes les critiques sur les impacts écologiques de la publicité, la profession, pourtant porteuse d’une mission de communication, reste aussi silencieuse. Espérons qu’il puisse y avoir un réel débat et que les enjeux ne se règlent pas dans les antichambres du pouvoir à coups de démarche de lobbying. La publicité ne saurait être la seule activité à ne pas s’engager fortement envers les grands enjeux écologiques et notamment climatiques. Les professionnels seraient bien inspirés de renforcer et d’accélérer leur mutation.