Archives de catégorie : Actus ACCS

Labels, Normes et Certification : Programme du séminaire du 16 Novembre 2022

Le programme de notre séminaire annuel est désormais finalisé. Il porte sur la question des normes et labels et aura lieu le mercredi 16 novembre prochain à Paris. Il sera retransmis également en visio.

Vous pouvez vous inscrire à l’aide du lien ci-joint : https://www.eventbrite.ca/e/billets-labels-normes-et-certification-seminaire-du-16-novembre-2022-421367099337

Le programme pourra encore légèrement changer au niveau des horaires mais les interventions sont bien calées.

Hermès Com des ONG Académie des Controverses

À l’occasion de la parution du dernier N° de la revue HERMES consacrée à la communication des ONG, nous avons demandé à Jean-Marie Pierlot, spécialiste de ce sujet, de nous en faire un rapide compte-rendu.

Michaël Oustinoff, Ugo Ruiz (dir.), « Les ONG à l’épreuve de la com’ », Revue Hermès n° 89, 2021.

Depuis l’arrivée sur la toile mondiale et sur les réseaux sociaux au début de ce siècle, la communication de ce qu’il est coutumier d’appeler les ONG (Organisations non gouvernementales) s’est profondément transformée, non seulement au niveau du langage et de la stratégie, mais aussi au plan de l’étendue : autrefois cantonnée en Europe et en Amérique du Nord, elle se décline aujourd’hui dans les pays de l’hémisphère sud, tant en Afrique qu’en Asie ou en Amérique Latine.

Le premier niveau de cette transformation, celui des langages du web et de ses dérivés, explique sans doute que la revue Hermès ait fait appel pour la coordination de ce numéro à un professeur de traductologie, Michaël Oustinoff, et à un maître de conférences dans un Département de langues et littératures (à l’université de Göteborg), Ugo Ruiz. Le second niveau offre aux lecteurs une riche palette d’expressions de la problématique de la communication au sein des continents nommés ci-avant. Mais il témoigne aussi des difficultés auxquelles se heurte la communication de ces organisations de la société civile vis-à-vis de gouvernements peu enclins à tolérer leur expression critique à l’égard du pouvoir de l’État, en Chine, en Russie ou dans d’autres pays de régimes totalitaires. 

Voici donc un riche panorama des défis de la communication en divers endroits du monde de ces associations, que d’aucuns préféreront nommer Associations de solidarité internationale (article de Florine Garlot) ou Organisations de Mouvements Sociaux (Eric Dacheux). Les lecteurs s’apercevront, en parcourant ce dossier de 184 pages, que ces associations actives dans le domaine du « développement » (ce terme ne pouvant plus aujourd’hui être pensé qu’en termes de développement global de la planète) ou des droits humains se heurtent à leur (non-)reconnaissance de la part des États où elles sont actives. Que l’on pense à Haïti (Lafontaine Orvild) ou au Liban (Joseph Moukarzel), par exemple, ces États défaillants se méfient de ceux qui veulent résoudre à leur place les problèmes de résilience aux catastrophes naturelles. En Chine (Éric Sautedé), c’est la tyrannie de la surveillance qui empêche les associations de défense des droits humains d’agir librement et les menace d’exclusion ou de détention – comme dans la Russie de Poutine (Gille Rouet), où l’organisation internationale « volontaire et publique » Memorial a été dissoute fin 2021 par la Cour Suprême.

Quelques interviews de responsables historiques d’organisations humanitaires comme Rony Brauman pour MSF (Michaël Oustinoff) ou Joshua Rosenzweig, ancien responsable d’Amnesty International en Chine (Éric Sautedé) complètent ce panorama. D’autres situations nationales sont encore évoquées, tels le Brésil de Bolsonaro, le Cameroun ou l’Inde, le Bengladesh, le Cambodge … Impossible de les parcourir toutes dans le cadre de ce compte-rendu.

Un grand absent, toutefois, dans ce tour du monde des ONG : les associations qui militent contre le dérèglement climatique et pour la préservation de l’environnement. Elles sont pourtant massivement présentes dans le paysage médiatique et leur communication mériterait bien d’être soumise à la critique d’une revue universitaire de la réputation d’Hermès. Greenpeace est évoquée à trois reprises dans les toutes premières pages de présentation du dossier mais disparaît ensuite. Une brève interview d’un responsable d’Extinction Rebellion en Suède (peut-être parce que c’est le pays de Greta Thunberg ?) n’excuse pas l’absence de cette problématique tellement présente dans le monde d’aujourd’hui … Espérons que Hermès nous préparera une livraison avant la parution du n° 100 !

Jean-Marie Pierlot, maître de conférence retraité Université catholique de Louvain, chercheur indépendant en communication des associations.

Labels, normes et certification, séminaire du 16 novembre 2022

Le programme de notre séminaire annuel qui aura lieu le 16 novembre prochain est désormais finalisé. En voici le programme :

PROGRAMME

9 h 00 : Ouverture. Thierry Libaert. Président de l’ACCS. 

9 h 10 : 1ère partie. La certification dans le secteur minier

  • Enjeux communicationnels d’une certification environnementale en zone minière en Côte d’Ivoire : l’exemple de ISO 14001 à la Mine de Tongon. Moussa Coulibaly, doctorant à l’Université Alassane Ouattara. (Côte d’Ivoire) 
  • La mise en valeur de la norme VDMD dans les communications des compagnies d’exploitation minières en territoire québécois : quelle utilité ? Justine Lalande. Doctorante à l’UQAM, coordonnatrice scientifique du LabFluens.

9 h 40 : Débat

10 h 00 : 2ème partie. La certification dans les relations fournisseurs, sous-traitants et actionnaires

  •  L’effet pervers du rapport de développement durable ou quand la reddition de compte participe au greenwashing. Marie Lou Gagnon. Conseillère en communication stratégique au ministère du Conseil exécutif au gouvernement du Québec et étudiante au Programme de Responsabilité sociale des organisations à l’UQAM. 
  •  De l’objectif de communication à son dépassement: les bénéfices émergents associés à la labellisation RFAR portée par le Médiateur des entreprises Hughes Poissonier. Professeur à Grenoble Ecole de Management et Directeur de l’IRIMA (Institut de Recherche et d’Innovation en Management des Achats).
  • Le label B Corp invite-t-il vraiment à améliorer les pratiques durables des entreprises ? Sabrina Courtois. Doctorante à l’Université catholique de Louvain. Institut de recherches en management et organisations. 

11 h 00 : Entreprises à mission, B Corp et label RSE, le point de vue d’un praticien. Gildas Bonnel, président de la commission développement durable de l’AACC.

11 h 20 : Débat

11 h 40 : Normes, labels et communication responsable, Valérie Martin, cheffe du service mobilisation citoyenne et médias de l’ADEME.

12 h 00 : Débat

12 h 30 : Pause déjeuner

14 h 00 : 3ème partieVisibilité des normes et opinion publique

  • Impact des scorings alimentaires ambivalents sur le comportement des consommateurs. Axelle Dorisse. doctorante en marketing à l’UCLouvain Fucam Mons, (LouRIM).
  • Une « reconnaissance empilée » suffit-elle à instaurer la visibilité ? Céline Espuny, professeure Aix-Marseille (IMSIC) et Catherine Loneux Professeure Rennes II (Prefics)

14 h 40 : Débat

15 h 00 : Labels et normes, quelle régulation ?

  • Le rôle de l’ARPP dans la régulation des publicités utilisant des labels. Magali Jalade. Directrice juridique et Affaires Publiques. ARPP. 
  • La norme ISO 26000, une vision internationale de la responsabilité sociétale. Pierre Mazeau, Ex Président de la Commission Développement Durable Responsabilité sociétale de l’AFNOR. 
  • La régulation européenne, Corporate sustainabilty directive et référentiel RSE Européen. Emmanuel Bloch. Directeur Responsabilité d’entreprise, Thalès. Maître de conférences associé Paris II. 

15 h 45 : Débat

16 h 15 : Conclusions. Bernard Motulsky. Vice-Président de l’ACCS

16 h 30 : Fin

Comment se réalise le changement ?

Parmi l’ensemble des recherches en matière de sensibilisation, nous nous sommes intéressés au dernier ouvrage de Damon Centola, sociologue américain. Nous vous proposons la note de lecture ci-dessous rédigé par Thierry Libaert.

Damon Centola est un sociologue spécialisé dans les phénomènes de changement qu’il étudie sous l’angle des réseaux de propagation. Dans ce livre, Change. How to make big things happen (John Murray ed. 2022), il passe en revue un grand nombre de propagations dans des domaines parfois fort éloignés comme la grande peste, la révolution copernicienne ou les mouvements #MeToo et #BlackLiveMatter, le printemps arabe et bien d’autres.


D’entrée, il affirme que le changement de comportement ne s’effectue pas comme un virus où le seul contact avec une information serait suffisant. Pour modifier un comportement, il ne suffit pas de propager des informations, il faut changer les croyances et les valeurs, ce qu’il résume ainsi : « Le changement social n’est pas une affaire d’informations, c’est une affaire de normes. »


Parmi ses découvertes, il démontre qu’il est moins efficace d’utiliser des influenceurs et qu’il convient de s’intéresser davantage aux endroits où peut s’accélérer un changement de comportement. Ainsi, le plus puissant indicateur de réussite de l’activisme est qu’il déborde de son noyau central de personnes déjà convaincues pour atteindre des personnes dans un réseau périphérique éloigné. Cela fait penser à la sensibilisation climatique où l’on a parfois l’impression qu’un grouped’influenceurs et micro influenceurs ne visent qu’à renforcer leurs convictions entre eux.

Un indicateur majeur du changement n’est pas le nombre de réception d’une information, mais le fait que celle-ci soit reçue en provenance d’une diversité d’interlocuteurs. « Le facteur crucial pour la propagation d’un nouveau comportement ne réside pas dans la quantité des messages reçus, mais dans la réception en provenance de sources multiples. » (p. 108). Le principal obstacle au changement ne serait alors pas le contenu de l’information, ni même leur crédibilité, mais la coordination entre émetteurs et l’utilisation de personnes relais qui ressemblent le plus aux récepteurs des messages. En matière de changement « la diversité est la clé de la réussite. » (p. 154).

L’auteur revient en quelques pages sur les notions de « paradigm shift »
(Thomas Kuhn) et de « tipping point » (Malcom Gladwell). Il reprend les travaux de Rosabeth Kanter selon qui, la masse critique pour amener une population vers de nouvelles normes serait comprise entre 20 à 35 % de celle-ci. Cela signifie que l’intégration d’un nouveau comportement qui passerait de 10 à 20 % de la population aurait moins d’intérêt qu’un passage entre 18 à 22 % puisque l’on franchirait un point de bascule.


Pour mieux connaître les déterminants d’un changement de comportement,
Damon Centola cite l’étude menée en Californie en 2007. Pour influencer des ménages à mieux réguler leur consommation énergétique, trois méthodes furent employées : informer sur les incidences environnementales, informer sur le bénéfices financiers et informer sur le comportement du voisinage. La seule réduction de gaspillage qui fut constatée fut lorsque les ménages étaient informés du comportement de leur voisinage. Cela confirme de nombreux travaux sur les sciences comportementales, les nudges et le poids des normes sociales.


Un bon exemple, par ailleurs confirmé par de très nombreuses études en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, en Suisse ou en Belgique porte sur l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit des maisons. Ici également, et toutes les études convergent, le déterminant n’est ni le montant des subventions ou la qualité des informations reçues, mais la seule vision de voisins ayant eux-mêmes installé ces panneaux sur leur toit. Le plus de personnes ayant adopté cette source d’énergie, le plus le sentiment d’une attente sociale est perçue par les riverains, l’exemplarité
participe de l’effet boule de neige. Le meilleur moyen de favoriser une
modification comportementale est de diffuser une norme sociale dans une communauté (p. 237).


Le livre se termine avec un dernier exemple sur la croyance au dérèglement climatique au travers de la perception d’une information relative à la fonte des glaces en Arctique. Un forum de discussions politiques est organisé aux Etats-Unis avec des démocrates et des républicains autour de données transmises par l’observation satellitaire de la Nasa. Lorsque les participants interviennent en mentionnant leurs préférences politiques, aucune avancée n’apparaît dans la compréhension des phénomènes et chacun campe sur ses positions. Toutefois, si l’appartenance politique n’est pas indiquée, la perception de la réalité d’une régression de la glace en Arctique progresse fortement et au final devient partagée par 90 % des participants à l’étude. La perception d’un intérêt quelconque d’un interlocuteur biais parfois lourdement la crédibilité de ses propos, même si ceux-ci sont scientifiquement fondés. Les effets de cadrage (framing effects) ont un plus fort impact que le message en lui-même.

Le lecteur souhaitant en savoir davantage trouvera en fin de livre un nombre important de références académiques sur l’ensemble des analyses présentées. Dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique, cet ouvrage permet de dépasser de nombreuses idées reçues sur les modalités d’une sensibilisation efficace.

Relations publiques, quels nouveaux enjeux ?

Conférence organisée avec le Labfluens, en partenariat avec le Syndicat du Conseil en Relations Publics, Sidièse & Wechange.

À l’occasion de la parution de la 2 ème édition de l’ouvrage Les relations publiques, nous organisons une conférence publique en visio : le mardi 6 septembre 2022, de 18 h 00 à 19 h 30.

Lien d’inscription : https://www.eventbrite.fr/e/billets-relations-publiques-quels-nouveaux-enjeux-384863766887

Cette conférence offrira l’opportunité de s’intéresser à la pratique des relations publiques, son évolution, ses enjeux, mais aussi ses zones d’ombre.

Interviendront dans cette conférence :

  • Andréa Catellani, professeur des Universités à l’Université catholique de Louvain,
  • François Allard-Huver, maître de conférences à l’Université de Lorraine,
  • Jean-Pierre Beaudoin, ex professeur associé au CELSA et auteur de
    nombreux ouvrages sur les relations publiques.

Les nouvelles frontières de la Communication interne, résumé de la conférence.

Le 28 juin dernier s’est tenu un séminaire sous le thème du Travail : nouvelle frontière de la communication interne ? Trois intervenants de qualité se sont succédé pour en discuter, soit Jean-Marie Charpentier, Delphine Jarosinski et Vincent Brulois.


Nous avons ainsi d’abord pu discuter avec Jean-Marie Charpentier à propos de la communication interne telle que vue par les professionnels de la communication, et précisément des changements auxquels les communicants font face, alors que la profession est en plein bouleversement.


Delphine Jarosinski nous a offert un témoignage touchant de la communication interne en milieu hospitalier en temps de COVID. Elle nous a présenté Traces, un projet innovant et émouvant visant à mobiliser le personnel des différents corps de métiers en milieu hospitalier, leur permettant d’exprimer ce qu’ils vivaient par l’art. 


Enfin, Vincent Brulois nous a proposé une perspective académique de la communication interne et son enseignement universitaire en master. Il pose le constat que les praticiens de la communication interne ont été aux premières loges en entreprises lors de la crise du COVID et ont dû transformer leurs manières d’agir, alors que tous se trouvaient à distance,
offrant du même coup une légitimité renouvelée aux communicants. 

Une vingtaine de personnes en provenance de la francophonie européenne et canadienne se sont regroupées pour discuter par la suite de l’évolution des métiers de la communication, des enjeux de recrutement et de l’importance de la communication interne. Des discussions hautement enrichissantes quant aux résultats de la communication, ponctuées d’histoires personnelles, le tout nous offrant une bouffée d’optimisme pour les années à venir en matière de communication interne. 


Si vous souhaitez écouter ou réécouter ce séminaire, l’enregistrement ainsi que les présentations des intervenants sont disponibles en suivant ce lien.

L’Académie des Controverses se renforce avec la nomination de Justine Lalande, doctorante québécoise, au poste de Secrétaire Générale adjointe.

Justine Lalande : Qui est-elle ?

L’Académie des controverses et de la communication sensible a le plaisir d’accueillir Justine Lalande, doctorante au département de communication sociale et publique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au titre de secrétaire générale adjointe. 

Justine agit également à titre de coordonnatrice scientifique du Labfluens, le laboratoire sur l’influence et la communication, en plus d’être chercheure étudiante dans le Groupe de recherche en communication politique (Université Laval, Québec) et dans le groupe de chercheurs en responsabilité sociale et développement durable (CRSDD) à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

Plus largement, ses recherches portent sur l’acceptabilité sociale, la légitimité, la participation publique, le lobbyisme, le rôle de l’expertise et l’astroturfing. Justine a été boursière de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant à l’Assemblée nationale du Québec et est récipiendaire d’une bourse doctorale des Fonds de recherches du Québec, Société et culture (FRQSC). Elle travaille également à titre de conseillère principale en affaires publiques dans la plus grande agence de communication à propriété 100% québécoise, TACT.

Quel est l’objet de sa thèse : Mobiliser l’argument de l’utilité sociale pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets miniers au Québec ?

La thèse de doctorat de Justine porte sur les discours de la transition énergétique entourant les projets miniers au Québec, et plus spécifiquement sur la mobilisation de l’argument de l’utilité sociale. En effet, dans un contexte où les projets énergétiques font de plus en plus l’objet de controverses sur la place publique et alors que l’acceptabilité sociale est devenue une condition de réalisation, certains promoteurs mettent de l’avant l’argument de l’utilité sociale afin de faire valoir le bien-fondé de leur projet. On vantera ainsi les mérites d’un projet d’exploitation de ressources naturelles dont l’usage serait perçu comme utile dans un contexte de transition énergétique. Or, la littérature nous montre que l’argument d’utilité sociale ne suffit pas à rendre un projet acceptable aux yeux des communautés; les impacts sociaux, économiques ou environnementaux du projet ou de son développement peuvent en effet affaiblir, voire annuler, cet argument. 

La littérature est actuellement muette quant à la façon dont cet argument est mis de l’avant dans les discours entourant l’acceptabilité sociale des projets miniers et sur la façon dont il s’articule avec l’ensemble des autres arguments qu’ils soient économiques, sociaux, environnementaux. Son projet de recherche offrira donc une contribution unique en ce sens et contribuera à l’avancement de la science, notamment dans les champs d’études de la communication sensible et des controverses. 

Le travail : nouvelle frontière de la communication interne ?

Séminaire Académie des Controverses et de la communication sensible (ACCS) : 28 juin 2022 18h-19h30

Les crises font bouger les lignes de la communication interne des entreprises.

Et c’est sans doute au premier chef parce que le travail et les relations sociales changent (télétravail, nouvelle organisation des temps et des espaces…) que la communication interne se transforme.

Nous verrons quelles formes prend cette transformation (mise en visibilité du travail réel, rapprochement des équipes et des salariés en situation critique…)

Ce sont aussi les enjeux du travail et du social qui font que les communicants sollicitent plus qu’hier les sciences humaines et sociales au cœur de leur métier et de leurs pratiques.

Trois intervenants :

Jean-Marie Charpentier, consultant, administrateur de l’Association française de communication interne (Afci)

Delphine Jarosinski, Responsable Communication CHU Brugmann, membre de l’Association belge de communication interne (ABCi)

Vincent Brulois, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Paris Nord

Inscription à l’événement :

https://www.eventbrite.fr/e/billets-le-travail-nouvelle-frontiere-de-la-communication-interne-336581473247

Normes et Labels. Quelle valeur pour la communication ? Appel à contributions.

Pour son séminaire annuel qui aura lieu le 16 novembre 2022, l’ACCS lance son appel à contributions. Soumission des propositions pour le 15 juin.

Présentation du thème du séminaire annuel ACCS 2022

Le recours à une reconnaissance externe ou à un cadre de référence tiers qui vient renforcer la crédibilité d’une communication officielle est fréquemment utilisé dans une multitude de messages. Cette méthode est mobilisée en effet qu’il s’agisse de messages publicitaires, d’inserts sur des emballages ou d’affirmations énoncées lors de discours officiels ou non mettant en avant un produit, un processus, un concept ou une cause. Dans la plupart des cas, cette approche vise à augmenter l’impact du message
et de don émetteur.


L’écoblanchiment ou greenwashing est sans doute l’un des domaines dans lequel le recours à une reconnaissance externe (haute qualité environnementale, conformité aux idées vertes, respect de la cause écologique, processus de production biologique) s’avère actuellement le plus poussé voire le plus sophistiqué. Mais cette stratégie se
retrouve dans bien des domaines d’activité, afin de « vanter » les qualités nutritives, l’impact sur la santé, la valeur d’activités professionnelles, la qualité d’un conseil d’investissement, voire même la comparaison entre concurrents. La présence d’un endossement par un signataire « externe », que cette reconnaissance corresponde à un label, une certification ou une norme, vient alors renforcer les messages émis.

Mais, dans certains cas, la reconnaissance qui se veut externe et en fait interne à l’organisation qui communique, ce qui peut poser question en termes de validité et de sincérité. Par ailleurs, il semble même que la différence entre label; norme ou certifications ait peu d’importance dans bien des cas, le but étant d’afficher « une valeur ajoutée ». Pourtant, les définitions de ces concepts appliqués sont distinctes*.

*(Inspiré par : https://certification-ameublement.fcba.fr/actualite/quelles-differences-entre-reglementation-norme-label-et-certification)La norme est un document de référence approuvé par un institut de normalisation reconnu tel qu’AFNOR.

  • La norme n’est pas un règlement, elle n’est pas obligatoire. Le fait de l’appliquer témoigne d’un engagement de qualité reconnu. C’est la raison pour laquelle une certification s’appuie sur une liste de normes, soit de moyens (protocole d’essai = manière de tester), soit de résultats (niveau d’exigence).
  • La certification est une procédure qui permet de certifier la qualité et la conformité des produits et des services, par un organisme accrédité, reconnu et indépendant. La certification est un acte volontaire. La démarche n’est donc pas obligatoire mais, parce qu’elle s’accompagne d’un logo, elle offre le plus souvent une meilleure visibilité aux bonnes pratiques, et établit un lien de confiance envers le fournisseur. On distingue notamment des certifications de produits, des certifications de système de gestion, des certifications de services, etc.
  • Un label regroupe un ensemble d’exigences auxquelles les produits labellisés doivent répondre. La caution technique est moindre puisqu’un label peut provenir d’un organisme public ou privé. Il convient d’ailleurs de faire attention au sérieux et à la fiabilité de cet organisme et ce à quoi s’engagent vraiment les adhérents. Un label est donc beaucoup moins encadré qu’une certification.

Conséquemment, et du fait de l’usage de plus en plus intense des labels, certifications et normes en communication, plusieurs questions émergent quant à ces phénomènes.

  • Signature externe ou signature interne, comment s’y retrouver ?
  • Quelle est la valeur extrinsèque et intrinsèque de ces différents types de
  • signatures externes ?
  • Légitimité des labels officiels et des labels autoproclamés !
  • Quels liens existe-t-il entre notoriété, validation par une reconnaissance
  • externe et gain de réputation ?
  • Pourquoi valorise-t-on une reconnaissance externe ?
  • Construction de signes de validité et enjeux culturels -perspective historique et culturelle ?
  • Comment distinguer une reconnaissance objective, fondée sur des éléments factuels et démontrables d’une reconnaissance subjective, basée sur une valorisation d’idées communes ?
  • Comment connaître la valeur d’un organisme de certification ?
  • Qui sont les experts derrière ces marques de reconnaissance ?
  • Quel processus pour construire un label, une norme etc. ?

Le séminaire annuel de l’ACCS, qui se déroulera le 16 novembre 2022 à Paris, en croisant les points de vue de scientifiques et de praticiens entend examiner ces divers questionnements et discuter de l’importance (ou non) de considérer la reconnaissance externe (voire interne) comme un artefact utile (ou non) à la valorisation des discours des organisationnels ou individuels.

Instructions pour une proposition de communication
L’ACCS lance cet appel à communication afin de recueillir des propositions de présentation (15 mn) ou d’atelier (30 mn) qui permettront de mettre en perspective les différentes questions soulevées plus haut.


Les chercheurs et praticiens intéressés à participer au Séminaire annuel sont invités à envoyer à l’ACCS une proposition résumée de 1 500 caractères maximum (espaces compris), un titre (180 caractères maximum, espaces compris) et trois mots clés en format Word.


La mention Présentation (scientifique) ou Atelier (pratique) doit être indiquée et le thème auquel se rattache la soumission.


Les contributions sont attendues au plus tard pour 15 juin 2022.
Elles sont à faire parvenir aux adresses suivantes : lehmann.valerie@uqam.ca; francois.allard-huver@univ-lorraine.fr; thierry.libaert@uclouvain.be et motulsky.bernard@uqam.ca


Un retour sera fourni aux contributeurs dans les 4 semaines suivants la soumission.


Une publication sous forme d’actes du séminaire est envisagée pour les
communications présentées en novembre 2022.

  • Comité scientifique du Séminaire de l’ACCS 2022
  • François Allard-Huver, Maître de Conférences, Université de Lorraine ;
  • Patrice de la Broise, Professeur, Université de Lille, Président de la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication (SFSIC) ;
  • Marie-Ève Carignan, Professeure, Université de Sherbrooke ;
  • Valérie Lehmann, Professeure UQAM, présidente du Comité scientifique de l’ACCS ;
  • Thierry Libaert, Président de l’ACCS ;
  • Bernard Motulsky, Professeur UQAM ;
  • Stéphanie Yates, Professeure UQAM.

Présentation du Groupe d’études et de recherches sur la communication environnementale.

Céline Pascuel Espuny et Andrea Catellani nous présente le GER de communication environnementale ainsi que leurs projets pour l’année.

D’abord, pouvez nous présenter le GER, quelle est son origine, sa vocation, son organisation ?

Le Groupe d’Études et de Recherche « Communication, environnement, science et société » est un espace de rencontre et de recherche en communication environnementale, définie par l’association internationale des chercheurs en communication environnementale (IECA) comme « toutes les diverses formes de communication interpersonnelle, de groupe, publique, organisationnelle et médiatisée qui constituent le débat social sur les problèmes et enjeux environnementaux et notre relation avec le reste de la nature ».

Ce GER a l’ambition d’offrir un espace ouvert de dialogue entre scientifique, société et communautés professionnelles pour augmenter le rayonnement de recherches menées sur des thématiques toujours plus prégnantes dans notre société. L’ensemble des chercheurs formant ce groupe souhaite construire des compétences et des savoirs utiles à la « transition écologique » devenue indispensable à l’ère de l’Anthropocène.

Le GER organise des activités scientifiques (colloques, séminaires), des moments de rencontre et des publications ; ses activités sont communiquées via un cahier en ligne (https://comenvironnement.hypotheses.org/) et un groupe Facebook.

Pouvez-vous nous faire un rapide bilan de ses activités depuis sa création?

Le GER a organisé depuis 2019 un colloque scientifique international annuel. Les sujets traités ont été la situation des recherches sur la communication environnementale, le rôle des héros et des hérauts de l’environnement dans cette communication, et l’analyse des transitions écologique et énergétique et des controverses qui les entourent. Des publications sont en préparation, suite à ces colloques. Notre communauté a grandi et inclut maintenant plus de 50 chercheurs et enseignants-chercheurs qui travaillent dans le domaine de l’analyse de la communication environnementale et des thèmes qui lui sont connectés.

Vous venez d’organiser un séminaire “Transitions en tension. Controverses et tensions autour des transitions écologiques”, qu’en retirez vous principalement ?

Lors du colloque international “Transitions en tension. Controverses et tensions autour des transitions écologiques”, trois conférences plénières et 39 présentations orales de chercheurs ont eu lieu, au cours de 12 sessions hybrides (avec présentation dans la salle et sur la plateforme numérique Teams), en anglais et en français. Chaque session était animée pour favoriser la discussion.   

L’ensemble de ces présentations a permis de construire un portrait polyédrique de la recherche actuelle sur les enjeux des transitions écologiques et des controverses et tensions qui les traversent, notamment du point de vue communicationnel et linguistique, avec des ouvertures interdisciplinaires vers les sciences de l’ingénieur, les sciences du droit, l’analyse de la littérature.  

Le colloque a vu aussi l’assemblée annuelle du groupe de recherche.

Les pays représentés étaient nombreux : outre la Belgique, plusieurs chercheurs venaient de France, Allemagne, Norvège, Autriche et Espagne.  

Quels sont les projets du GER pour 2022 et au-delà?

Le GER continuera à organiser des colloques et séminaires scientifiques, et à permettre aux chercheurs qui travaillent sur les thèmes de la relation entre environnement, science, communication et société de se rencontrer, d’échanger et de construire ensemble. Nous allons aussi prochainement publier une série d’ouvrages écrits par des chercheurs et chercheuses, dans le cadre de la série “Communication, environnement, science et société” que nous dirigeons auprès de la maison d’édition ISTE. Cette série veut augmenter la visibilité de ces recherches. Les premières publications sont prévues déjà cette année.